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Mars 2008

Colette l’insoumise
A travers ses livres Colette s’est installée pendant une dizaine de soirées au Lenche à Marseille. Edouard Exerjean la fait revivre d’une façon tout à fait attendrissante.
Entre récits et morceaux musicaux, le temps semble s’écouler  trop vite.

Portrait de Colette

Quel bonheur de pouvoir assister à un spectacle de Edouard Exerjean ! Cette année il est à nouveau venu à Marseille, dans ce théâtre très convivial qu’est le Lenche, au cœur même du Panier. Une dizaine de soirées où on peut parler de réelles  ‘performances’. Car  Edouard Exerjean  est un des rares acteurs que je puisse applaudir dans ce qu’on appelle en langage barbare « a one man show ».  Peut-être parce qu’il n’est pas seul en scène. Ce propos qui pourrait être assimilé à un paradoxe est pourtant pure vérité. Déjà par le fait que Exerjean se dédouble entre le personnage qu’il incarne sur scène et le virtuose du piano qu’il est dans sa vie ‘normale’. Puis, en incarnant, par un récit intelligent à la diction parfaite, le personnage principal, il donne relief avec des intonations différentes aux autres personnages qui s’échappent du narré  pour venir envahir la scène. Bref, oui un seul acteur sur les planches, mais entouré d’une multitudes d’êtres vivants plus réels que certains vivants.
Le sujet cette année a été ‘Colette, l’insoumise’.  Bien que je connaisse les grandes lignes de sa vie et même quelques potins (dieu ou le diable savent s’il y en a !)  j’avoue sans honte que je n’ai pas lu grand-chose de cette grande dame restée pour beaucoup pour avoir défrayé les chroniques mondaines et celles du music-hall du début du XXème siècle.. Je m’en aperçois à tort car elle a une écriture claire,  précise et surtout pas ennuyeuse. Je suis en train de me rattraper de mes lacunes.
Edouard Exerjean brosse le portrait de Colette en puisant dans plusieurs ouvrages écrits tout le long de sa vie et par quelques lettres toujours pleines d’esprit.
Il faudrait que j’ajoute aux talents multiples que je viens d’attribuer à Monsieur Exerjean, celui aussi d’être un grand connaisseur de la littérature française.
Mis en scène par  le directeur du Lenche, Maurice Vinçon qui est très voué à la poésie, le spectacle est celui d’un rare  raffinement dans la cité phocéenne.
L’alternance entre récit (diable !, quelle mémoire !) et les petites pauses musicales qui vont de Chabrier à Ravel en passant par Fauré, Lecocq, de Séverac, Poulenc et d’autres encore, font que l’attention est à chaque instant au sommet.  

Oscar Carchidi

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dernière modification Août 2009