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Janvier 2007

FOOT  PRÉTEXTE


Cette fin d’année nous aura offert un foot français sous son plus mauvais jour. Mais à qui la faute ? Depuis des décennies que le phénomène hooligan existe, dans le monde entier, les dirigeants sportifs et les politiques ont fait les autruches, n'ont pas ou peu réagi.

     En décembre, après un match Paris-Tel Aviv, un supporter français décède suite à un tir policier. Il s’agissait pour l’agent de se défendre et de défendre un autre supporter pris en chasse. Nos responsables sportifs et politiques ont alors condamné la violence et le racisme mais le PSG a aussi publié un communiqué afin d’annoncer sa compassion à la famille du jeune décédé. Oubliant bien vite que cet homme appartenait à un groupe agressif d’extrême-droite proférant des insultes racistes.
Tous les responsables savaient que cette rencontre était à risque alors pourquoi des mesures de sécurité adéquates n’ont-elles pas été mises en place en dehors du stade ? Les supporters se sachant observés à l’intérieur, il était logique de prévoir des heurts à l’extérieur, à la fin du match. Trois semaines après ce drame, deux autres rencontres vont se jouer à Paris et la Mairie déclare au club que les subventions seront en fonction des dispositions prises. Curieusement, il est question d’argent alors tout se déroule bien. Il y aura eu des obligations de pointage au commissariat, des tribunes fermées, un important déploiement des forces de l’ordre, des palpations à l’entrée…Et du sport, rien que du sport !
Le PSG a été trop longtemps trop protégé, l’hooliganisme s’est développé, installé. Aujourd’hui, le club fait beaucoup parler de lui, non pour ses exploits sportifs mais pour la violence qui s’y déchaîne. Problème, pour les autorités du foot il est impossible de ne plus avoir de club parisien ; ils essaient alors de jongler…Les dérapages datent des années 80 avec la tribune Boulogne qui veut étaler une virilité venue d’Angleterre. Ces jeunes vont être facilement instrumentalisés et le racisme va s’ajouter à la violence.

Les hooligans sont, pour la grande majorité, connus et repérés. Ils continuent malheureusement à sévir au Parc des Princes comme ailleurs en France, dans le monde. Les interdictions de stades existent bien sûr…Elles se font au compte-gouttes et ne concernent souvent que des faits mineurs. Le foot devrait sortir sa tête de son porte-monnaie et s’occuper de sport et des vrais supporters qui finissent par ne plus se déplacer, écœurés et paniqués par l’ambiance qui règne dans les stades.
L’hooliganisme est naît en Grande-Bretagne mais la dureté des autorités d’outre-Manche fait de ce pays le plus efficace actuellement pour endiguer le phénomène. Les arrestations se multiplient avant, pendant, après les rencontres et les interdictions de stade suivent le rythme. En 1985 déjà, les autorités interdisaient l’alcool dans les tribunes et aujourd’hui, les supporters violents se voient interdire la sortie du pays, les suspects peuvent se retrouver sans passeport. Là-bas, le jet d’objet est un délit tout comme les chants racistes ou l’entrée sur le terrain.
En  Europe, la xénophobie gangrène les stades régulièrement. Aux Pays-Bas, un arbitre a reçu en plein match des insultes antisémites, des joueurs d’origine africaine se sont vus à plusieurs reprises singés et en France, deux joueurs se sont faits agresser par des supporters. Mais comment pouvons-nous encore appeler ces personnes des supporters ? Ils ne soutiennent ainsi ni leur équipe, ni le sport.
Dans une stratégie bien établie où tout est calculé, l’extrême-droite s’intéresse au football. Elle s’infiltre dans des groupes, voient les plus faibles parmi les jeunes violents et peut ensuite les utiliser pour des missions coups de poing. Le recrutement se fait chez ceux qui sont manipulables, qui sont dans une période de construction identitaire.
Face au racisme, la France a pourtant des lois. Nous ne les utilisons pas ou peu, la tendance est toujours à mettre la tête dans le sable. Même si les croix celtiques et les insignes nazies disparaissent, le noyau dur est connu, identifié, filmé.

Comment être efficace lorsque les clubs ont comme seul vrai objectif la rentabilité. Ils font donc profil bas devant les hooligans. Le foot a eu besoin d’attirer les médias et a donc eu besoin d’un public toujours plus important afin d’augmenter les profits. C’est de là, par exemple, que naîtra la rivalité «supposée » mais orchestrée de l’O.M et du P.S.G. Les clubs ont une très grande responsabilité dans l’explosion du phénomène ; il faut donc des décisions judiciaires les impliquant si nous voulons calmer l’hooliganisme.
Le foot devrait avoir un rôle positif à jouer face à des jeunes en recherche de repères. L’intégration dans la société doit passer par un certain comportement répressif et les clubs pourraient d’eux-mêmes sanctionner leurs supporters violents.
Que veut dire ce terme Hooligan, un mot qui vient d’ailleurs, un jeu de mot anglais faisant référence à une vieille famille mais dont les Français ignorent le sens. Si nous voulions réellement attaquer le problème pour l’éradiquer, il nous faudrait des termes explicites et simples. Les Anglais, aujourd’hui, préfèrent ainsi parler de «voyous ».

Sophie Brion

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dernière modification Août 2009