MENU
Accueil
Le calepin cartésien !
Le n° 0
Profession de foi
Edito
Académie Europe XXI
RUBRIQUES
Art
Cinéma
Danse
Europe
Histoire
Humour
Interviews
Littérature
Local
Musique
Philosophie
Poesie
Politique
Présidentielle
SOCIÉTÉ
Théatre
 
Mars 2007

PEIGNONS  TOUT  EN  NOIR


Révisons notre conjugaison.
Je pleure, tu pleures, il pleure, elle pleure, nous pleurons…
Une nouvelle grande inquiétude est née, les Terriens vont finir noyés dans leurs larmes de crocodile. Le noir est à la mode, le catastrophisme est dans l’air ambiant. L’apocalypse serait pour demain. En réalité, de cela nous pouvons en être sûr, ce qui devient invivable ce n’est pas notre planète, c’est notre état d’esprit.

     Depuis toujours, l’Homme s’est accusé des pires maux, s’est accusé de provoquer les aléas météorologiques. Voilà Dieu qui le punit ! Notre élévation des températures ne peut-elle pas aussi s’insérer comme un simple épiphénomène à l’intérieur d’un cycle naturel ? Le niveau des océans a commencé à monter il y a 15.000 ans sans que l’humain n’en soit le responsable. Notre coup de chaud, notre insolation ne peut-elle pas être une autre oscillation naturelle dans un monde dominé par le Soleil et ses colères ? De 1645 à 1715, notre étoile a connu ainsi une baisse d’activité qui s’est ressentie sur Terre. En Europe, un petit âge glaciaire a causé des dégâts ; les populations ont dû faire face aux loups et aux pertes des récoltes.
Dans les années 70, des ouragans médiatiques se sont pareillement déchaînés à propos des pluies acides et nos forêts devaient toutes être décimées. D’autres tempêtes se sont déchaînées à propos du trou d’ozone et de la responsabilité humaine, faisant peu cas du fait qu’il s’agissait aussi d’un phénomène naturel hivernal et oubliant que l’océan exhale des masses sans rapport avec nos CFC.
Les projections actuelles relatives au climat ne sont pas du cinéma, d’accord et décréter l’année 2007 Année Polaire Internationale est un bien. Cela peut sensibiliser les hommes à la protection de l’environnement mais il faudrait passer d’un film hollywoodien où la Terre devient le Désert de la Mort balayé par des cyclones dévastateurs à un long-métrage plus nuancé, plus tempéré.

Cinq cents climatologues du monde entier viennent de se réunir à Paris. Après avoir passé en revue les recherches de plus de 2.500 scientifiques et après avoir pris en compte plus de 30.000 contributions, ils ont remis un rapport devant servir de référence dans la lutte contre le réchauffement. Ce quatrième rapport du Giec, le Groupe d’Experts intergouvernemental sur l’Evolution du Climat a été rendu public début février. Il annonce que le réchauffement moyen pourrait aller jusqu’à atteindre 4° C sur un siècle. Il est aussi question de canicules de plus en plus fréquentes, idem pour les cyclones et d’une montée des eaux de 60 cm en moyenne. Les experts estiment que l’Homme en est le premier responsable à 90% de probabilité.
Alors, l’emballement médiatique est relancé et les populations s’imaginent déjà en pleine destruction. Nous mangeons du réchauffement réchauffé matin, midi et soir. Un cyclone comme bien d’autre sur l’île de la Réunion et le bouc-émissaire est là, un redoux et il est encore là…Mais entre sombres pronostics et l’apocalypse, peut-être y-a-t-il une sacrée marge. La hausse des températures existe aujourd’hui. C’est un fait. Une étude publiée par le Programme de l’ONU pour l’environnement indique que 30 glaciers de référence ont perdu en moyenne 66 cm d’épaisseur en 2005 et 10,50 m de leur longueur depuis 1980. Quant aux 101 glaciers du Toit de l’Europe, ils se seraient réduits de un tiers durant le vingtième siècle. Devons-nous pour autant utiliser des termes grandiloquents et penser que le ciel va nous tomber sur la tête…Si la société moderne commençait tout simplement par bâtir des maisons bioclimatiques, si elle s’inspirait des ancêtres qui construisaient des demeures aux murs épais, aux ouvertures étroites et bien orientées. L’écologie n’est pas un retour à la bougie. Tout le monde se doit d’intégrer la protection de l’environnement mais il ne faut pas tomber dans l’obscurantisme. Jean-Louis Etienne, médecin et explorateur reconnu, plaide pour « une gouvernance mondiale », il dit aussi qu’ « il y a des alertes mais il y a aussi des solutions possibles ». En voilà un qui nuance, qui envisage l’avenir de façon optimiste.
Beaucoup de personnes ont intérêt à annoncer l’apocalypse. Les anxieux et les déprimés qui voient ici une raison à leur état sont aux premières loges. Il y a les pseudo écologistes et altermondialistes qui trouvent ainsi un chemin pour accuser la société et pour faire parler d’eux. Radoter sur ce sujet peut aussi aider des chercheurs spécialisés en climatologie à obtenir des crédits alors ils poussent toujours un peu plus loin la dangerosité.

Oui, l’effet de serre est présent ; oui, du gaz carbonique sort de nos usines, de nos voitures, de nos 4x4 inutiles en ville ; vrai aussi l’existence du méthane qui monte des rizières et des vaches. Un bovin lâche 500 litres de gaz par jour et 2,3 milliards de ces bêtes paissent sur Terre ! Heureusement, les controverses scientifiques sont là bien que rarement médiatisées. Le volcanologue Haroun Tazieff avait ainsi déclaré « les termites fabriquent autant à elles seules de CO2 que toute l’activité industrielle humaine ».
Nous avons effectivement mesuré une hausse de la température depuis 150 ans mais il faudrait déjà ne pas oublier que le point de référence est toujours le milieu du XIX ème siècle ; époque qui a connu son petit âge glaciaire. Si la base d’un raisonnement est faussée, la démonstration a peu de chances d’être juste ! Pour certains scientifiques, la contribution humaine en gaz carbonique avoisinerait les 5%, seulement. Suite à des carottages effectués dans l’Antarctique, des résultats montrent que durant le Miocène, la température était de 5°C supérieure à celle d’aujourd’hui alors que la concentration de CO2 était deux fois plus basse. Les hommes, grands responsables de l’effet de serre, grande mode. Essayons parfois de nuancer. Les algues unicellulaires émettent 40 millions de tonnes de sulfure de méthyle chaque année et dans l’atmosphère, ce sulfure forme des aérosols qui participent à la formation de nuages et donc à l’effet de serre.
Quel est l’impact des activités humaines face aux changements climatiques dépendants des variations de l’orbite terrestre ? Et puis, il ne s’agit pas d’ignorer que notre climat est régulé pour beaucoup par les océans. L’énergie thermique qui y est stockée serait 2.000 fois supérieure à celle dans l’atmosphère. L’effet de serre, avec cette donnée, aurait donc un rôle moindre que celui annoncé sur tous les toits.

La communauté scientifique envisage tout de même pour 2100 une quantité de gaz carbonique dans l’air qui aura doublée depuis l’ère préindustrielle. Controverses à part, catastrophisme à part, la responsabilité humaine existe. Il faut que l’Homme réfléchisse et un vrai sursaut pourrait venir des assureurs. Suite aux prédictions, les assurances mettent à l’heure actuelle la pression car l’accroissement de la fréquence des catastrophes climatiques devrait atteindre dangereusement leurs finances. Les pertes économiques sont évaluées aux environs de 150 milliards de dollars par an dans les dix ans à venir. Cela fait mal et peut provoquer une prise de conscience des multinationales.
Mais quoi que nous disions, le véritable problème est celui de l’explosion démographique et la perturbation que cela engendre. Ce changement se fait sur un intervalle bien plus court que tous les autres effets.

Léa Berne

Retour haut de page
www.consuls-marseille.eu
www.consuls-marseille.org
Pour nous joindre :
consuls@free.fr
Gestion du site Jean-Luc Valverde
dernière modification Août 2009