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  20 Février 2007

PAS DE REQUIEM POUR PAPON

Ça suffit avec l’hypocrisie ! La mort d’un homme est très réjouissante quand il s’agit d’un dictateur, d’un vampire, d’un salaud. Maurice Papon a bien vécu jusqu’à ses quatre vingt seize ans.
 Peut être sa seule vraie punition ?


Un homme sans dignité, sans cœur, immoral et amoral, vient de mourir le 17 février 2007 dans son sommeil, dans son lit, dans sa maison, à l’âge patriarcal de 96 ans.
Après l’injustice des Hommes, (dans lesquels je m’efforce pourtant de croire), l’injustice divine (pour ceux qui y croient). Mais peut être après tout aussi sa punition. Vivre, en effet, en sachant qu’on est poursuivi, en espérant que d’autres crimes ne soient pas dévoilés, n’est pas ‘vivre’.
Maurice Papon
N’ayant  tenu aucun fichier personnel sur ce triste individu, mais seulement des souvenirs précis depuis cinquante ans, je ne recopierai aucune des biographies déjà publiées. Je voudrais seulement mettre en exergue qu’au-delà de sa conduite au temps de l’Etat français conduit par Pétain ( que d’autres pudiquement appellent ‘régime de Vichy’ comme si Vichy ne se trouvait pas en France), que ce Papon fut impliqué directement dans d’autres sales coups, dont la Vème République, pas du tout atteinte d’Alzheimer, voudrait que ses citoyens les oublient.
Et je trouve que c’est cela le plus révoltant car Papon, comme beaucoup d’autres fut un collabo zélé, mais il se distingua également avec la même ténacité dans la Vème République pour bien d’autres crimes. Oui ! On commence de m’agacer. Ce ne fut pas lui, bien sûr, de sa propre main qui jeta dans la Seine et qui tua dans les centres de détention environ trois cents manifestants pacifiques ( Massacre du 17 octobre 1961) en faveur de l’indépendance de l’Algérie, mais c’est bien lui qui en donna l’ordre en tant que préfet de police. Il le fit sous le couvert bien entendu de De Gaulle, qui n’ignorait pas les antécédents collaborationnistes de son commis. Mais c’est une excuse ?
Puis la minable et sanglante charge policière au Métro Charonne le 8 février 1962, dictée et couverte par le même Papon. ( Voir note en marge).
Le loup donc change de poil mais pas de mœurs.
Or, à l’issue du procès et une fois condamné pour complicité dans des crimes contre l’humanité, beaucoup de magistrats, hommes politiques et avocats-requins, devenus subitement des âmes sensibles ont déployé tout leur talent malsain pour libérer de la prison ce ‘pauvre vieux malade au seuil de la mort’. Il a quand même vécu quatre ans depuis sa libération et il se promenait bien valide dans son univers familial !
Cela ne vous rappelle pas Pinochet ?
Je ne plains donc pas la mort d’un salaud, mais je plains une démocratie qui ne cesse pas de faire des entorses à ses propres lois.
Gustave de Boissieux

Note . « Lorsque les policiers ont chargé, le premier rang des manifestants avait fait demi-tour et regardait en direction de la place Voltaire, car il voulait signifier que la manifestation était terminée et qu'il fallait se disloquer. Ils n'ont donc pu voir arriver les policiers et je les ai vus tomber aussitôt. » (Procès verbal d'audition du témoin Chagnon devant la police judiciaire, 14 mars 1962, cité dans Dewerpe, p. 712).


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dernière modification Août 2009