|
|
|
|
avril 2007
AU PAYS
DE LA BOULIMIE
Avant 1930, les sondages n’existaient pas et à
leur début, la presse écrite a refusé
de les publier. Les journaux les rejetaient pensant que les
Français ne seraient jamais
intéressés. Un retournement va se faire, la
demande va réellement exister et se multiplier
après la mise en ballottage du général
de Gaulle. Pour l’avoir prévue, la
crédibilité des instituts va être
assise.
Mais grande surprise aux
élections de 1995 puis, grande
consternation et grand affolement au premier tour, en 2002
où la France se retrouve avec
l’extrême-droite pour le second tour des
élections présidentielles. Les enquêtes
d’opinion n’avaient jamais publié cette
hypothèse alors tout le monde accuse les instituts et les
politiques crient au loup. Il faut comprendre ces derniers, ils sont
rivés aux sondages, ils proposent ou adaptent leurs discours
en fonction des chiffres donnés ! Les uns
réclament la régularisation de tous les
sans-papiers afin d’attirer au maximum leur
électorat respectif ; nos deux premiers actuels y sont
opposés car ils savent par les différentes
enquêtes que cette proposition est bien reçue dans
une grande partie de la population. C’est ainsi aussi que
José Bové est passé de la
défense du monde rural à la banlieue.
Rivée elle aussi aux côtes de
popularité, Dominique Voynet, candidate des Verts, tentait
de se vendre dimanche 15 avril à des électeurs
potentiels. Elle déclarait à la
télévision «les sondages montrent que
Ségolène Royal sera au second tour » et
pensait ainsi faire comprendre à des Français
qu’ils pouvaient aller voter Verts sans mauvaise conscience,
sans prendre le risque que la situation de 2002 ne se reproduise !
![]() Nous pouvons critiquer les sondeurs et leurs méthodes, certes. Mais les sondages sont là pour donner des tendances et en 2002, ils montraient bien une progression des possibles votes en faveur de Jean-Marie Le Pen. Au final, l’écart entre ce candidat et Lionel Jospin a été très serré et les enquêtes avaient dû (comme toutes les fois et nous nous demandons pourquoi) s’arrêter avant la journée électorale. Alors, fallait-il mettre au pilori les sondeurs aussi rapidement… Aujourd’hui, des points d’interrogations reviennent sans cesse. La France va-t-elle encore faire parler d’elle au soir du premier tour ? Les enquêtes d’opinion seront-elles fiables ? La situation, en réalité, est complexe puisqu’il y a les citoyens zappeurs et puisque quinze jours avant les isoloirs, presque la moitié des électeurs ne savent pas ce qu’ils feront. Cela peut laisser entrevoir une sacrée marge d’erreur mais dans ce cas, que valent actuellement les sondages. La phrase familière des enquêtes qui se trompent est facile et utilisée trop souvent par les candidats qui, après s’en être nourri, les accusent de tout si elles ne vont pas dans leur sens. Lundi 9 avril, José Bové était interviewé et face à la journaliste qui lui faisait remarquer qu’il n’y avait pas de dynamique en sa faveur dans les sondages, il annonçait un ras-le-bol de ces enquêtes et déclarait que cette dynamique, il la voyait tous les jours ! Dimanche 15 avril, Philippe de Villiers, candidat du Mouvement Pour la France, s’indignait. Interrogé en début de soirée, il posait une question-réponse «Qui paie les sondages ? A 80%, les partis ». Les erreurs sont-elles de nature à renvoyer les sondeurs chez eux lorsque l’écart entre deux candidats est serré, lorsque les Français n’osent pas parler de leurs votes extrémistes, lorsque le marketing téléphonique est sur une courbe exponentielle à saouler le peuple. Pouvons-nous encore dire que les instituts de sondages se trompent s’ils ne peuvent pas lire dans nos esprits et si ces études ne sont pas une science parfaite. Et ils ne l’ont jamais prétendu. ![]() L’autre critique faite aux enquêtes d’opinion concerne leur influence. Elles pourraient, elles peuvent démobiliser comme drainer des électeurs et ainsi affaiblir la démocratie. Il ne faut pas que ces enquêtes remplacent le vote. Vrai qu’en 2002, la multiplication de pourcentages donnant au deuxième tour un face à face Jospin-Chirac, des électeurs n’ont pas pris la peine de voter ou n’ont finalement pas voté pour les deux favoris. Malheureusement, nous connaissons la suite. Mais quelle est l’influence exacte des sondages ; elle est toute relative si nous la comparons à celle de la télévision. Il est vrai que beaucoup de Français prennent les enquêtes d’opinion comme une vérité. Or, il s’agit d’envies et de rejets à un moment donné. Le meilleur de tous les sondages, c’est l’élection. Il y a aujourd’hui une remise en cause de l’honnêteté des sondeurs. Qu’il y ait de la manipulation dans l’air, possible, probable qu’il y ait des interférences mais il ne faut pas suivre une mode, se lancer dans une paranoïa collective à quelques jours des élections présidentielles. La pollution des esprits comme certains l’appellent est tentante pour les politiques et nous pouvons nous interroger sur la partialité des instituts lorsque nous savons que les grands partis politiques français se sont attitrés une société, lorsque nous entendons parler de rumeurs lancées afin d’influencer les électeurs. Alors, cela donne du grain à moudre ensuite aux extrémistes de tous bords. Le candidat du Front National accuse les sondeurs de partialité puisque ceux-ci refusent de travailler avec lui et du côté de l’extrême gauche, c’est grâce à la forte puissance médiatique qu’à la classe capitaliste que la manipulation peut se faire pour affaiblir ou favoriser tel ou tel candidat. Une chose est sûre, les enquêtes d’opinion sont recherchées par les politiques, par la population alors il faut que le citoyen apprenne à se servir des sondages et qu’il sache prendre du recul ; le citoyen ne doit pas s’arrêter devant des pourcentages mais regarder la tendance. Et puis, après tout, personne l’oblige à les lire. Sophie Brion
|
| Retour haut de page | ||
|
www.consuls-marseille.eu www.consuls-marseille.org |
Pour nous joindre : consuls@free.fr |
Gestion du site Jean-Luc Valverde dernière modification Août 2009 |