Monsieur Chirac qui a été élu, il y a peu de temps, avec un pourcentage
à faire crever de jalousie pas mal de dictateurs, commence à faire
des siennes. Gardien de la Constitution française, signataire
de la Convention européenne des droits de l'Homme, il s'est permis
de déclarer dans la conférence de presse en réponse à un journaliste,
chez un dictateur connu et reconnu même par les plus conciliants
des observateurs, que " le premier des droits de l'Homme, c'est
de manger, d'être soigné, de recevoir une éducation et d'avoir
un habitat ". Le reste ne serait que broutille.
Il est vrai que Monsieur Chirac, à l'instar de ses prédécesseurs
(ce n'est pas une excuse), aide une douzaine de dictateurs à se
tenir en place en Afrique et noue des relations amicales avec
un tas d'autres, nichés ailleurs. Raison d'Etat oblige…certes,
mais on peut tout de même prendre des formes ! Si ses propos n'ont
pas été déformés, truqués ou tronqués par les diffuseurs de l'information,
Monsieur Chirac devrait ou se démettre ou être démis de sa fonction.
Berlusconi, suite à une de ses frasques, il n'y a pas longtemps
de cela, avait donné comme excuse - pour éviter les excuses -
un dîner bien arrosé au champagne. Chirac en fera-t-il autant
? A part le fait que cette déclaration va à l'encontre du bon
sens, elle sonne ignoble à un moment où il y a en Tunisie des
grévistes de la faim pour faire valoir leur droits inscrits dans
la Charte universelle des Droits de l'Homme.
En faisant bien les comptes électoraux il faut se rappeler que
seulement 18% ont vraiment voté pour Monsieur Chirac et que les
82% restant ne lui ont donné leur voix que dans un contexte qui
équivaut à un tour de passe-passe. Ces derniers donc devraient
aujourd'hui lui demander des explications sinon des comptes. L'opposition
et tous les vrais démocrates de la majorité (oui, il y en a !)
auraient dû se lever à l'unisson pour réclamer… mais le vrai problème
pour un parlementaire consiste en " to have or to have not " !