MENU
Accueil
Le calepin cartésien !
Le n° 0
Profession de foi
Edito
Académie Europe XXI
RUBRIQUES
Art
Cinéma
Danse
Europe
Histoire
Humour
Interviews
Littérature
Local
Musique
Philosophie
POÉSIE
Politique
Présidentielle
Société
Théatre
 




ICARE



Lettre à Chistophe


        Icare, si tu voyais, sur les rocs dépouillés
De Khersonisos, montant avec le meltem,
Ou de Thérissos descendant, rouges items
Dans le ciel hersé, vastes ailes d’éployées

        Luisant sur la mer qui s’émeut et s’embrume,
Tous ces avions, tisser sur la planète, ton désir,
Et obombrer la Crète -long navire-, d’un plaisir
Que te refusa le labyrinthe et la brume


        Opaque du temps, Icare, seul, inconnu,
Reviendrais-tu déchirer l’ignorance nue
Qui rampe le long du phrourio vénitien *

        Pétrifiant les esprits, crierais-tu d’amertume
Quand rage et déborde des Politiciens
La bêtise, ou te plierais-tu à la coutume ?

        Dystykhoos (hélas !) !, entend-on partout,
Tel si, du fond du port, l’ignoble fatalité
Erigeait, pour monument à l’humanité,
Un thrène éternel, rayant fantaisie, tout

        Avenir défunt déjà, selon le mythe ancien
Le poète réifiant l’abeille, et le comédien
Discernant en société des uns la souffrance,
D’autres la gabegie, aspirent à une fragrance

        Que ne troubleraient ni les miasmes des cavernes
Ni la lourdeur des préjugés, tels, toi, Icaros,
Entre l’ironie hésitent, criailleries d’un glaros **,
Et la grâce d’un songe -- dussent-ils sur l’Averne

        Violet se redresser, louant le ciel où rayonnent
Sur la mer céruléenne en leur automne,
Ailes déployées, d’immenses paradisiers...

        Icare, si tu voyais...


Héraklion, juillet 2009

© Hélène RICHIER
ex Orient Majeur ( recueil n° III, p.101)

* capitainerie-prison vénitienne (à Héraklion) ;
** goéland ( glari, en provençal)

Retour haut de page
www.consuls-marseille.eu
www.consuls-marseille.org
Pour nous joindre :
consuls@free.fr
Gestion du site Jean-Luc Valverde
dernière modification Août 2009