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20 septembre 2004

Le Conseil Economique et Social Régional aborde la question européenne

Le Conseil Economique et Social Régional (CESR) tenait, ce 20 septembre, son assemblée plénière. Comme il va vers le renouvellement de ses membres, au bout de leur trois ans de mandat, il avait prévu de nombreux travaux, la plupart sur la saisine de ses membres. Leurs auteurs craignaient peut-être de quitter leurs fonctions avant d'avoir donné à leurs pairs le résultat de leurs recherches et consultations. Ils profitaient, en tout cas, de la disposition mise au point pour la nouvelle mandature : un membre du CESR doit, à présent, assister aux plénières du Conseil Régional pour rendre compte au Conseil si les propositions du CESR auront été discutées, commentées ou adoptées.
Parmi ces communications, deux avaient trait aux affaires européennes. La première est un rapport de M. Y. Razzoli de la Commission Europe " L'entrée des Peco (Pays ex-communistes) dans l'Union européenne : quelle stratégie en région Provence-Alpes-Côte d'Azur ? " et la seconde est la communication de M. Bouod de la Commission Méditerranée " La coopération en Méditerranée et ses évolutions ". M. Razzoli souligne le risque pour la région PACA d'une possible concurrence des îles méditerranéennes, Malte et Chypre vis vis à des pays de la rive Sud de la Méditerranée. Pour lui, PACA peut conserver son rôle de plaque tournante entre la nouvelle Europe des vingt-cinq et les pays tiers de la rive Sud " dans la continuité de l'opération Euroméditerranée ". Elles peut, dans ce sens, jouer le rôle d'un nœud multimodal de transport. La région peut enfin s'appuyer sur une coopération qui reste à construire entre pays européens du Sud comme l'Italie, l'Espagne ou la Grèce.
Il signale, par ailleurs, les difficultés qu'a la région de bénéficier des fonds structurels européens (d'un montant de 700 millions d'euros pour la période en cours, 2000-2006). La principale est d'ordre administratif, ce qui entraîne une sous-consommation des fonds attribués régionalement et la restitution à Bruxelles des fonds non utilisés. Pour résoudre ce problème, une gestion directe des fonds a été proposée à la région qui l'a refusé. Pourquoi ? Il y a, à cela, deux raisons. D'abord, PACA refuse d'accepter une gestion lourde sans les moyens matériels et humains qui devraient l'accompagner. Les financements européens sont, en effet, toujours des co-financements. De plus, il est très difficile de prendre un dossier à mi-parcours (la fin est prévue en 2006) sans risquer de le rendre encore plus complexe. Dans ces conditions, la région PACA ne veut pas, à l'instar de la région Alsace, devenir seule responsable face à la Commission européenne, sans le secours et les services de l'État français. Le rapporteur attire aussi l'attention sur l'avenir de ces fonds. Le budget européen 2007-2013 est en effet débattu jusqu'à fin 2005. Ce débat est particulièrement important car un élargissement s'accompagne toujours d'un remaniement financier. Hier, c'était le doublement des politiques qui n'étaient pas agricoles et la création du fonds de cohésion sociale pour des nouveaux venus comme l'Espagne et le Portugal. Aujourd'hui, il faut financer une politique plus ambitieuse de recherche pour améliorer l'emploi sans sacrifier une nouvelle politique extérieure ou les politiques régionales antérieures. Les enjeux sont importants d'autant que six États dont la France ont cru bon de se prononcer publiquement pour un budget ramené à 1% du PIB global européen. On verra tout au long de l'année 2005 comment ce débat évoluera.
La Commission Méditerranée, faisait, elle, une simple communication. Ce texte de M. Bouod était plutôt favorable au partenariat euro-méditerranéen tel que le prévoit le Processus de Barcelone, cette politique de coopération régionale globale mise en place en 1995, il y a presque dix ans, maintenant. L'auteur revenait aussi sur les coopérations décentralisées régionales et proposait qu'elles soient évaluées et sélectionnées pour trouver les meilleures actions pilotes.
Ce texte a été rejetée par la CGT Paca parce qu'elle ne pouvait y répondre publiquement . N'ayant pas pu obtenir sa suspension, ce syndicat a quitté l'hémicycle pour marquer sa désapprobation et a interdit la publication d'une communication à laquelle il ne pouvait pas répondre publiquement. Cependant, précédemment, pour le rapport de M. Razzoli, il avait exprimé ses réserves en répétant son opposition à la future Constitution, " trop libérale " et " révisable uniquement à l'unanimité ". Rappelons ici que la révision prévue dans la future Constitution européenne n'exige pas toujours l'unanimité. Les politiques, de l'Union en particulier, peuvent être votées à la majorité qualifiée si les ministres concernés votent une " clause passerelle ". Les ministres décidant, par exemple, de défense, d'affaires fiscales ou sociales à l'unanimité c'est à dire sous la menace du veto d'un seul des vingt-cinq Etats, pourront décider de passer à un mode de scrutin plus souple.
Rien à voir avec des dispositions écrites sur du marbre !

Qu'est-ce que touche la région PACA de l'Europe ?

Si je vous dis que la région touche essentiellement des fonds structurels objectif 2, cela risque de ne pas vous éclairer.
La région bénéficie de programmes visant à soutenir la reconversion économique et sociale de zones, urbaines et rurales, connaissant des difficultés structurelles. Ces programmes forment ce qu'on appelle l'objectif 2. Deux fonds interviennent dans ce cas : le FEDER (Fonds européen de développement régional) et le FSE (Fonds social européen).
Ils sont présents tous deux à Marseille. Vous pouvez voir, par exemple, le nom " FEDER "avec le drapeau européen sur un grand panneau de chantier du tunnel Saint-Charles. Vous pouvez le voir aussi, plus discrètement, sur des documents d'actions proprement sociales de la Ville de Marseille comme la Friche de la Belle de mai, l'association d'accompagnement des personnes à mobilité réduite 3MS, le projet Zone Bleue pour la construction d'un navire ancien et le Centre Communal d'action Sociale de la Ville de Marseille. La mention du fonds et le sigle du drapeau européen n'accompagnent que des réalisations avec financements européens. Ainsi Euro-méditerranéen est-il en train de diffuser une signalétique euro-méditerranéenne à Marseille que vous avez du remarquer car elle est constituée par des énormes bornes noires à inscriptions blanches sans faire la moindre mention à l'Union européenne.
L'argent de l'Europe n'est pas allé dans ces bornes, il s'est arrêté sur les panneaux des chantiers de construction.

Mireille Carchidi


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dernière modification Août 2009