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Juin 2009



D’une Europe morose à un réveil triomphal ?



1On reprend à souffler en Europe après six mois de présidence de la République Tchèque, car la morosité s’y était installée depuis le tout début, en grande partie pour les problèmes de politique interne de ce petit état qui étaient survenus et développés pendant son mandat. Morosité aussi due à la crise mondiale déclenchée par une poignée de conscients vautours avides qui ont provoqué la faillite de tant d’honnêtes entreprises à travers le monde.

Monsieur Fredrik Reinfeldt, Premier Ministre de Suède, nouveau Président de l’Union Européenne du 1er juillet au 31 décembre 2009. (photo U.E.)

Mais enfin on souffle : la crise, même si elle a laissé des cadavres et des blessés derrière elle, semble s’éloigner et la petite présidence tchèque (sans aucun mépris de notre part évidemment) cède la place à la rigueur nordique et protestante de la Suède.

Sur ce fond plutôt gris, aujourd’hui et demain (18 et 19 juin) les 27 chefs d’Etat se retrouvent autour de la grande table du bâtiment Justus Lepsius afin de tenter la relance de cette Europe qui a été assez malmenée depuis quelques années. Mais ceci aussi est un vœu pieux des vrais Européens. Le plus grand souci des vingt sept pendant ce Conseil, était de trouver un successeur au président de la Commission, Monsieur Barroso. La campagne menée par les Verts de Cohn-Bendit qui veulent à tout prix sa tête, n’aura peut-être pas le succès qu’ils auraient souhaité. La raison principale est que Barroso est soutenu tout naturellement par le PPE qui est sorti vainqueur haut la main aux dernières élections européennes, même s’il n’a pas la majorité absolue. Bien que l’on puisse trouver des défauts durant sa présidence, personne ne peut honnêtement lui imputer à lui tout seul les quelques fautes qu’on a pu relever. A notre humble avis il nous semble qu’il a su plutôt bien gérer le plus grand nombre d’avatars qui se sont abattus sur l’Europe pendant son mandat. Enfin à l’issue de la première séance de travail de ce Conseil les vingt sept à l’unanimité ont prôné pour la reconduction de l’actuel président de la Commission et unanimement lui ont donné leur soutien. Il reste à convaincre une partie du Parlement pour dégager une majorité en sa faveur.



Monsieur Nicolas Sarkozy arrivant au Conseil du 19 juin, semble n’avoir même pas la force de tenir des dossiers.(photo U.E.)

2Dans ce climat plutôt morose, donc, il faut prendre avec une certaine distance la décision du Président français de réunir le congrès à Versailles pour qu’il puisse développer son plan pour l’Europe. En voilà une surprise de taille au moment où la Suède prend la présidence de l’UE. Que vient-il donc faire ce plan Sarkozy ? Plutôt que d’en faire part aux députés et aux Sénateurs français il aurait été plus judicieux de s’ouvrir sur « ses » projets devant ses homologues de l’Union. Mais comme tous les observateurs l’ont noté, le Président français n’a pas la subtilité diplomatique requise pour des relations internationales de qualité. Déjà chez lui ses relations quotidiennes avec les élus de l’opposition ne vont pas bon train. Les verts et communistes lui ont fait savoir qu’ils ne se rendraient pas à Versailles. Avec l’Iran ce n’est pas en termes nuancés qu’il opère. Monsieur Kouchner ne lui fait certainement pas le briefing qu’il devrait lui faire.

Il peut se faire que les maladresses actuelles du chef d’Etat français sont dues à son état de fatigue physique qu’il porte ostensiblement sur son visage depuis ces quelques dernières semaines. Ses médecins personnels devraient s’en apercevoir et le conseiller.



3Les hommes politiques des pays de l’Union ainsi que leur citoyens devraient prendre conscience que l’Union Européenne est une réalité qu’il faut soutenir chaque jour. Pour cela il est nécessaire que les Chefs d’Etat, le Parlement européen et la Commission s’emploient à trouver une issue rapide pour la mise en place du traité de Lisbonne. Monsieur Nicolas Sarkozy semble épuisé avant le Conseil. (photo U.E.) Le blocage de l’Irlande reste un problème, bien qu’une solution semble possible avant le nouveau referendum prévu à l’automne. Certes, l’Irlande veut que l’Union Européenne lui fasse des concessions (loi contre l’avortement et …….) qui sont tout à fait contraire aux principes fondamentaux de la Charte des Droits de l’Homme, mais peut être que ce sera le prix à payer pour trouver l’unité tant désirée de part et d’autre pour faire avancer notre continent. D’ailleurs l’espoir est toujours permis à brève échéance. Qui aurait parié en 1979 que peu après, la France allait se débarrasser à jamais de la honteuse peine de mort ?



4La crise mondiale a touché de plein fouet notre Europe en laissant des traces même sur le moral. L’euphorie de M.Sarkozy pendant la Conférence de Presse à l'issue du Conseil. l’élargissement d’il y a cinq ou six ans est en train de se transformer en chagrin profond. L’Union Européenne est donc en train de régresser comme si elle cherchait une identité. Il faut constater que si l’Europe entière était composée de vingt deux pays avant la guerre de 1914 et de vingt sept immédiatement après celle de 1940, aujourd’hui elle en comporte quarante, dont vingt sept faisant partie de l’Union. Il y a donc comme une recherche d’identité que ne peut se faire que doucement. Les sages disent qu’il faut donner du temps au temps. J’aime souvent répéter c’est que si l’Europe c’est faite il faut se donner beaucoup de patience pour faire les Européens. Mais je ne doute pas que dans quelques générations cela viendra naturellement, et donc adieu aux vieilles querelles avant de s’en trouver d’autres.

L’espoir aussi que la France change de Constitution, et que de la démocratie dictatoriale dans laquelle elle se vautre depuis De Gaulle et sa cinquième République puisse devenir une démocratie parlementaire comme le meilleur cru européen. Un autre vœu pieux, encore un…



Oscar Carchidi



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dernière modification Août 2009