MENU
Accueil
Le calepin cartésien !
Le n° 0
Profession de foi
Edito
Académie Europe XXI
RUBRIQUES
Art
Cinéma
Danse
EUROPE
D’une Europe morose à un réveil triomphal ?
Enfin off !
Même pas la reconnaissance du ventre
La semaine des 27 Saints
Un Conseil Européen atypique
D'une Présidence Nordique
Inquiétudes
Un milliard de querelles
Interview de M. Reiffers
après les non
Que le débat continue !
Traité établissant une Constitution pour l'Europe
Une ré ... ré ...
Tous les articles
Das Schwierige
Quand José Bové
Les services
Qui t'a fait démocrate ?
Les 10 ans du Processus de Barcelone
Petit abrégé constitutionnel
Défense du oui au PS
Constitution - 1er round
Constitution OUI/NON
Journal de campagne
A vingt-cinq
Quand Sarkozy parle d'Europe
Europe, Europes
Bruxelles et la CIG
Témoignage
Tessalonique : ---------- Ville ouverte mais fermée
Asile et immigration
Constitution Européenne
Projet de Constitution
--------------------
Athènes : jeux et enjeux
Et si on parlait
Trekking européen
L'Europe arlésienne
L'Europe pour les jeunes
Le conseil européen
Histoire
Humour
Interviews
Littérature
Local
Musique
Philosophie
Poesie
Politique
Présidentielle
Société
Théatre
 
Décembre 2008
ENFIN OFF !

La France termine sa présidence de l’Union Européenne ce mois de décembre 2008 à un moment où son président est en baisse dans l’opinion internationale.

Ouf enfin !  La France va rendre le tablier de la présidence de l’Union Européenne.
Six mois qui, aux yeux de ceux qui sont à l’écoute quotidienne de notre nouvelle patrie commune -l’Europe-, ont semblé s’éterniser. Les Français n’ont pas eu beaucoup de chance dans les deux dernières présidences : catastrophiques  à des titres différents. En 2000, toujours pour ceux qui suivent de près ces événements, ce fut la légèreté par laquelle Messieurs Chirac et Jospin, aux prises avec leur propre problème de campagne électorale (présidentielles françaises) se désintéressèrent totalement de l’Europe. Ils arrivèrent à Nice, potaches invétérés, sifflotant, mains dans les poches, dossiers vides, en improvisant tels des comédiens « dell’arte » maladroits. Ils se ridiculisèrent, mais à la place des rires, ils suscitèrent des pleurs. Un conseil européen qui dura quatre jours et quatre nuits…du jamais vu dans l’histoire de l’Union européenne. La Pologne qui venait d’y rentrer gagna le gros lot. Si je parle souvent de cette présidence c’est qu’elle me traumatisa comme elle traumatisa tous les européens de cœur. L’U.E. ne s’est pas encore remise de ce malheureux traité de Nice qui est toujours en vigueur bien que celui de Lisbonne en modifie quelques cédilles.  Ce traité à la va-vite de Nice ce fut, à distance, l’avortement du projet de Constitution européenne dont l’Europe devra subir les conséquences pendant encore des décennies.
 

 Mais retournons à notre conseil actuel, celui de décembre 2008. Monsieur Sarkozy, dès sa prise de fonctions en tant que  président de l’Union Européenne, c'est-à-dire Juin 2008, se fit remettre à sa place, tel un garçonnet mal élevé, par plusieurs personnalités de tendances politiques diverses, dont la courtoisie, le savoir vivre et l’amour envers l’U.E. ne sont plus à démontrer.
Pour la première fois les quolibets de plusieurs organes de presse internationale sérieuse (pour la distinguer de la presse humoristique) ont fusé envers un président en exercice de l’U.E. ou tout simplement envers un président français. Au début de sa présidence ce furent les media allemands qui ouvrirent un feu nourri sur les goûts immodérés du « richard » qui s’en allait sur les yachts de ses « copains », alors que Madame Angela Merkel  faisait elle-même ses courses au supermarché, faisait la queue comme tout le monde et payait avec « son argent ». Puis il fut appelé « caniche de Bush »,  « nouveau Napoléon », « le colérique sans peur » ; on a dit que « Sarkozy avait un problème avec lui-même » ; « Sarkozy le provocateur », « éclaté », « exhibitionniste » et j’en passe. Et la presse russe qui n’en finissait pas de se moquer de lui en tant que tacticien politique et « grande gueule ». Les journaux russes notèrent qu’il était bien ébréché en sortant du Kremlin et qu’il s’était réveillé sur la Place Rouge. Y avait-il une Nathalie avec lui ? La presse ex soviétique ne nous informe pas. Coté politique ils disent et insistent sur le fait qu’il n’a rien obtenu à Moscou. Mais il n’était pas nécessaire de connaître le russe pour savoir cela. Les Français aussi l’avaient vite appris.
Et maintenant comble du comble, les Chinois aussi s’y mettent. Quel monde !  Ces media du Céleste Empire oublieux que le petit Nicolas avait présenté sa maman et son fiston (merci République de contribuables nantis…à votre bon cœur) aux guides suprêmes, se permettent de l’appeler « imbécile immature » !
Bref nous n’allons pas faire la revue de presse internationale, mais il était temps que notre président rentre tranquillement chez lui et ne fasse plus le matamore tel celui des marionnettes siciliennes. Chez nous on va encore se le supporter quelques années (le linge sale on le lave en famille), à moins qu’il ne se démette comme il le réclame pour d’autres chefs d’états…
Les graves offenses de la part des média chinois envers le chef d’Etat français, sont la conséquence de sa faiblesse psychologique (et celle de son équipe)  vis-à-vis de la Chine. Il lui avait pourtant été conseillé de ne pas se rendre aux jeux olympiques et ensuite de recevoir  qui il voulait  (le Dalai Lama en particulier), d’autant plus que personne demande des comptes aux autorités chinoises sur leurs hôtes quels qu’ils soient.
Les droits de l’homme bafoués avec le consentement du pays qui se déclare être le géniteur !
Et puis comment se permet-il de donner des charges à ses femmes qu’elles s’appellent Cecilia ou Carla ? Les Français ne les ont nullement élues. Un mélange du genre propre à un dictateur exotique tel le défunt Peron.  Cecilia chez Kadhafi  et Carla recevant le Dalai Lama.  Bon sang il n’y a pas de nenettes diplomates (j’emploi le même langage qui a cours à l’Elysée) du côté du Quai d’Orsay ?



Le démiurge omniprésent semble jouir du don d’ubiquité. Cela conjugué  avec « moi kissetout » le rend impropre à la fonction présidentielle. Un problème de passage protégé devant telle école, voilà qu’il s’en occupe personnellement ; un car de touristes qui se renverse, le voila qu’il se rend sur place ; un problème dans un hôpital psychiatrique, voila qu’il donne son avis ; un problème d’ordre immobilier, voila qu’il demande un dossier….. en somme la solution universelle c’est lui et lui tout seul.
Accompagné de Fillon (qui fait la gueule) et de Kouchner (l’ex pseudo socialiste toujours au sombre regard) le chef Sarkozy ne leur daigne pas un seul regard dans la salle du Conseil ce 11 et 12 décembre 2008. Fillon, un premier ministre inexistant (quel beau remake du Chevalier de Italo Calvino !) qui pourtant semble, selon un article de la constitution française, être en charge du gouvernement français…..
Dès les premières phrases du président une image m’est venue devant les yeux, et je crois, vu les questions qui lui ont été adressées, qu’elle est venue aussi ensuite, aux yeux des nombreux confrères présents : celle d’une exposition il y a quelques années à Metz au titre : « Les peintres satisfaits d’eux-mêmes »….Tout un programme. Je me suis donc demandé pourquoi ne pas faire un musée style Madame Tussaud où figureraient les effigies des hommes politiques satisfaits d’eux-mêmes… Peut-être parce qu'un bâtiment comme le Louvre ne suffirait pas….
Puis le président enchaîne tout le répertoire des rencontres avec ses homologues et il semble que les seules choses qui l’aient vraiment touché ce sont les déjeuners et les dîners qu’il a partagés avec eux. Pour un peu il allait nous égrener les menus…
Monsieur Sarkozy, dont la vertu principale est l’autosatisfaction, n’a laissé aucun autre des présents lui envoyer des compliments. Il se les est attribués tout seul : « j’ai fait un boulot formidable dans ces six mois », « tout le monde me l’a dit », « j’ai changé beaucoup de choses contre l’avis des autres »,  etc. Il manquait, mais ce fut sous-entendu : « je suis le plus beau », « je suis le meilleur », « il n’y a jamais eu meilleur président que moi »….
L’ « ego » sarkozien a encore gagné quelques points…
 


 La France pourtant ne disparaît pas de la direction de l’Union, car selon le processus habituel, elle sera à côté de la présidence tchèque qui lui succédera au premier janvier 2009 ainsi que la Suède qui prendra la suite le premier juin.
Puis un scénario se dessine en douceur. Si le traité de Lisbonne était revoté positivement par l’Irlande (des concessions lui ont été faites) l’Union européenne aura un président élu pour deux ans et demi.
Les observateurs de l’Union européenne vont toutefois continuer d’observer attentivement Monsieur Sarkozy, car bien qu’on puisse lui reprocher tous les défauts du monde, il faut lui reconnaître honnêtement le fait que cette présidence lui a permis de prendre le chemin d’un vrai Européen. Le fait de voyager dans les pays de l’Union, d’être  au contact avec ses dirigeants et avoir dû enfin connaître la signification de « concessions » lui a permis d’acquérir la dimension qui lui manquait, lui faire regarder l’Europe de façon correcte.
Néanmoins certains événements se sont produits en marge de cette présidence française tel ce qui est reporté de façon très claire par « Le Monde diplomatique » sous la plume d’Alain Gresh qui nous reproduisons  à la suite de cet article et qui démontre la mainmise de Sarkozy et de Berlusconi.  Une enquête approfondie pourrait être menée pour connaître les intérêts financiers de Berlusconi en Israël (il désirait déjà pendant la dernière présidence italienne admettre Israël comme un partenaire privilégié de l’Union …. !!!) et quel est le soutien apporté par Monsieur Sarkozy dans cette affaire à son  ancien client italien  (quand Monsieur Sarkozy était avocat d’affaires).
Espérons que les avantages donnés à Israël ne se transforment pas en coups tordus par d’autres peuples.
Oscar Carchidi
depuis  Bruxelles

11 décembre 2008

 
Les blogs du Diplo - Nouvelles d'Orient
L'Union européenne capitule
devant Israël

par Alain Gresh
Les ministres des affaires étrangères de l’Union européenne ont adopté, les 8 et 9 décembre, un texte intitulé « Council Conclusions Strengthening of the EU bilateral relations with its Mediterranean partners - upgrade with Israel ». Sous l’impulsion de la présidence française, le principe de rehausser les relations entre Israël et l’Union européenne a été accepté. Déjà, avant la tenue du sommet méditerranéen, Paris avait essayé de faire adopter cette mesure, mais avait dû reculer devant la levée de boucliers de certains régimes arabes, notamment l’Egypte (lire « Enquête sur le virage de la diplomatie française », Le Monde diplomatique, juin 2008).

Ce texte a été adopté après de nombreuses discussions. La première version présentée par la France faisait la part belle à Israël et a suscité des réserves chez certains des partenaires — notamment le Royaume-Uni et la Belgique — qui ont demandé un « rééquilibrage » du texte. Un comble, quand on pense qu’il y a quelques années encore, la France était accusée d’être pro-arabe.

Notons aussi que ce texte a été entériné le jour même où l’expert de l’ONU sur les droits humains dans les territoires palestiniens, Richard Falk, demandait la mise en œuvre de « la norme reconnue de la “responsabilité de protéger” une population civile punie collectivement par des politiques qui s’assimilent à un crime contre l’humanité ». Dans le même sens, ajoutait-il, « il semble que c’est le mandat de la Cour pénale internationale d’enquêter sur la situation, et de déterminer si les dirigeants politiques israéliens et les chefs militaires responsables du siège de Gaza doivent être inculpés et poursuivis pour violations du droit pénal international ».

Finalement, le texte adopté par l’Union européenne intègre des références à la politique de voisinage européenne, au Maroc, à la Tunisie, et à presque tous les Etats arabes, références purement formelles qui permettent de faire passer l’essentiel : le point 9, qui affirme la détermination du Conseil à rehausser les relations avec Israël. Il est toutefois souligné que ce rehaussement doit avoir lieu dans le contexte de « nos intérêts communs », qui incluent la résolution du conflit israélo-palestinien sur la base de la coexistence de deux Etats.

Une longue annexe comprend les lignes directrices pour renforcer les structures du dialogue politique avec Israël.

D’abord, la tenue régulière de réunions des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne et d’Israël, un privilège qui n’était accordé jusque-là qu’à quelques grands Etats, Chine, Russie, Inde, etc. La première réunion devrait avoir lieu sous la présidence de la République tchèque, pays qui, selon la formule d’un haut fonctionnaire à Bruxelles, « ne défend pas la politique du gouvernement israélien, mais celle du Likoud ».

Ensuite, la tenue régulière, au moins trois fois par an, de réunions entre ministres des affaires étrangères (ce qui n’est pas nouveau, et existait déjà de facto). De telles réunions sont étendues à d’autres secteurs que les affaires étrangères.

L’invitation régulière de responsables du ministère des affaires étrangères israélien aux comité pour la politique et la sécurité de l’Union. Inviter aussi plus systématiquement des experts israéliens dans les comités travaillant notamment sur le processus de paix, les droits humains, la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, etc.

Organiser des consultations informelles plus larges sur les problèmes stratégiques.

Intensifier les échanges sur des points précis, notamment les droits humains et l’antisémitisme.
Encourager Israël à s’associer aux politiques étrangère et de sécurité commune de l’Union européenne.

Permettre la coopération sur le terrain dans le cadre des politiques de sécurité et de défense commune. Des experts israéliens pourront ainsi participer à des missions extérieures de l’Union, que ce soit en Afrique ou ailleurs.

Dans la mesure où Israël, aux Nations unies, ne peut participer au groupe Asie, l’Union européenne tentera de l’intégrer au groupe Western European and other groups (WEOG), une vieille demande de cet Etat qui lui permettrait d’être élu dans différentes instances, dont le Conseil de sécurité.
Intensifier le dialogue entre le Parlement européen et le parlement israélien.
Ces décisions de l’Union européenne ont été vivement critiquées par l’Autorité palestinienne et par l’Egypte.
Dans un article de Haaretz du 9 décembre, « EU votes to upgrade Israel relations despite Arab lobbying », Barak Ravid rapporte que la semaine précédente, « la ministre des affaires étrangères israélienne Tzipi Livni s’est rendue à Bruxelles pour faire son propre lobbying auprès des ministres des affaires étrangères, et en premier lieu de Bernard Kouchner. A un moment de la rencontre, elle a demandé à le voir en tête à tête et à ce que les autres sortent de la salle. Durant cette conversation, les deux sont tombés d’accord sur le fait qu’il n’y aurait pas de “lien” (linkage) (entre le rehaussement des relations UE-Israël et les négociations de paix), mais que l’Union européenne publierait une déclaration séparée appelant à la poursuite de conversations de paix sur le statut final ».

Même si l’article est un peu à la gloire de Livni et note des « avancées » qui n’en sont pas – les réunions régulières des ministres des affaires étrangères avaient déjà lieu –, le texte est significatif de la victoire israélienne. D’autant plus que Livni a aussi empêché l’adoption d’un texte stratégique d’action qui rappellerait la position de l’Union européenne sur le conflit du Proche-Orient. Ce texte, préparé par la France, a été « retiré ».

On peut noter que toute la stratégie française (et européenne) de rapprochement avec Israël est justifiée par le fait qu’une amélioration des relations permettrait à l’Union européenne et à la France d’influer sur la politique israélienne. Il suffit de voir ce qui se passe à Gaza, l’extension des colonies, les pogroms anti-arabes, pour mesurer le succès de cette stratégie.

En revanche, Israël a subi une importante défaite au Parlement européen (lire « Israël devra attendre », La valise diplomatique, 5 décembre 2008). Ce refus du Parlement européen aura des conséquences concrètes sur un certain nombre de projets de coopération. Notons, pour l’anecdote, que le vote négatif a été provoqué à la fois par le lobbying d’un certain nombre de pays arabes et par l’arrogance et les pressions israéliennes, qui ont suscité le ras-le-bol d’un certain nombre de députés européens.

D’autre part, on lira deux textes intéressants sur le conflit, l’un de Barak Ravid et Anshel Pfeffer dans Haaretz du 4 novembre, « Britain to EU : Clamp down on imports from settlements », qui souligne la manière dont Israël tente d’exporter les produits des colonies vers l’Union européenne ; l’autre, d’Yves Aubin de La Messuzière, publié dans Le Monde (10 décembre) : «Pourquoi l’Europe doit parler au Hamas ».




Retour haut de page
www.consuls-marseille.eu
www.consuls-marseille.org
Pour nous joindre :
consuls@free.fr
Gestion du site Jean-Luc Valverde
dernière modification Août 2009