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Juin 2008 MÊME
PAS LA RECONNAISSANCE DU VENTRE !
De la campagne électorale française de 2007 à la Présidence française de l’Union européenne, voila une fresque des frasques françaises et étrangères. 1. Au commencement il y avait eu la campagne électorale présidentielle en France. La dernière, celle de 2007. Le candidat grand Manitou et en même temps matamore, se plaisait à dire à ses futures victimes « moi, je », « je ferai », « vous verrez ». Et pas seulement sur le plan national, même sur le plan mondial et en particulier européen. Pour un peu il aurait pu croire qu’il allait être élu président de l’Univers. Il aurait promis de changer les lois de la physique en jurant d’avoir mis au point l’équation de la théorie unitaire de l’Univers. Mais Monsieur le candidat avait oublié que la France n’est que l’un des vingt-sept pays à égalité de droits et de devoirs les uns envers les autres. Le super candidat tirait des plans sur la comète. Le fantasme, comme je disais dans un autre article, d’un délire paranoïaque. Je n’ose pas penser que c’était consciemment planifié pour tromper les Français. Et voilà qu’une fois élu il s’appropriait en famille (tout en sachant que le divorce avec sa femme Cecilia* était inscrit au calendrier) la vantardise de la libération des otages bulgares en Libye, alors que le travail de fond avait été fait par l’Union européenne. Il faut faire ici une parenthèse en ce qui concerne son fils, à Neuilly. La comédie du pouvoir, du népotisme a été jouée à la perfection. Le père élyséen a nuitement aiguisé les petits dents de lait de fiston pour le rendre loup. Et ça a marché. Sans vergogne. Une ‘commedia dell’arte’ bien rodée digne de Goldoni. Puis vint le temps des énièmes épousailles. Coluche n’aurait pas fait mieux. Le président, adolescent attardé, était tout frétillant auprès de sa nouvelle épouse, très mûre, à la réception de la Reine d’Angleterre. Madame « la présidente » jouait à la perfection la petite vierge immaculée sortie le jour précèdent d’un quelconque couvent des Ursulines. Si la scène avait été filmée par Oury on aurait pu l’inclure dans la plus belle anthologie du cinéma comique. Le gros problème est que tous ces faits sont des affaires d’état et donc choses sérieuses. Ils concernent la crédibilité de la France et nullement un moment de loisir grandguignolesque. *à ce propos le peuple français et d’autres petits malins auraient bien voulu savoir pour quelle raison, Madame Sarkozy Cecilia, envoyée spéciale de son mari auprès de Kadhafi, s’était entretenue sans témoins avec ce dernier, pendant une très longue soirée et même une partie de la nuit. Et combien cette ‘mission’ lui a rapporté de la part de l’Etat français. Cette mission était-elle un cadeau de rupture d’ordre privé ? Ces questions et mille autres encore sont tout à fait légitimes. 2. L’invitation du grand rusé du désert, Kadhafi, avec toutes les platitudes déployées à son égard a été le bouquet final encore une fois guignolesque avec tente et tapis, un grand morceau encore d’anthologie dans le chapitre ‘la France et les Français humiliés’. La fascination que les dictateurs exercent sur l’actuel locataire de l’Elysée ne pourrait être expliquée que par une psychanalyse sérieuse. Je veux dire qu’IL ne pourra obtenir une réponse que par ce biais, car quant à moi et pour le plus grand nombre de Français nous connaissons le pourquoi depuis longtemps. Je crains toutefois que le cas soit désespéré ou, pour rester dans le ton du compréhensible, que les carottes soient cuites. La France qui se croit (elle a été toujours seule à le croire) la patrie des droits de l’Homme, s’est mise à genou donc devant le libyen Kadhafi, sous sa tente, et aussi devant le tunisien Ben Ali. Bâillonnée, traitée comme la petite bonne de Monsieur le Prince, Rama Yade, aux titres redondants de secrétaire d’état chargée des affaires étrangères et des droits de l’Homme a fait tapisserie durant cette visite officielle. En Chine Monsieur le Président s’est empressé d’amener maman et fiston (merci à votre bon cœur, Françaises, Français et autres contribuables) pour les présenter au dictateur chinois, tandis que Rama Yade restait au foyer parisien en train de tricoter des chaussettes pour le retour du bien aimé président. Pauvre Rama Yade, à laquelle j’aurais donné le titre de Madame si elle avait eu le courage de démissionner. Mais voila, la place rapporte, rapporte bien, rapporte gros, alors qu’importe les vexations ? Des crocs de squalesse de Rachida Dati, attendrissante Cendrillon d’aujourd’hui nous en parlerons une autre fois. Pour couronner le tout, j’éprouve un sentiment de pitié pour le ministre des affaires étrangères, (encore un autre dont les affaires lui sont vraiment étrangères) transfuge de l’ex gauche caviar, l’inventeur du « droit d’ingérence » qui, par son silence et ses mimiques est beaucoup plus rigolo que les guignols. Mais il n’y a pas à rire car il s’agit de notre destin, entre les mains de cette joyeuse bande de fêtards, d’adolescents attardés qui puent le fric. Il est vrai que Monsieur le Prince aux affaires étrangères vise une place de choix dans l’Union Européenne. Pauvre France aujourd’hui, pauvre Europe demain si cela devrait se réaliser. Quant à l’Etat, le Président français aurait dû savoir qu’il vaut mieux être digne (et pas seulement devant les Chinois) que vil et goinfre : une petite sérénade, toute petite sur les droits de l’Homme n’aurait pas empêché les Chinois d’acheter les Airbus, puisque ceux-ci, semble-t-il, n’ont pas de rivaux, n’est-ce pas ? « Sauver la face », savent-il ce que cela signifie, nos dirigeants ? 3. Il y a peu de temps encore, il existait quelques pays en Europe qui ne juraient que par les Etats-Unis, avec ou sans Bush. La cinquième colonne était représentée inconditionnellement par l’Angleterre. Indécrottable perfide Albion, tu nous en as fait voir des belles et des pas mûres ! Certes, cet amour des Ladies et des Gentlemen pour les crasseux bushiens d’outre Atlantique peut être expliqué par des excuses de survie. L’Italie, quant à elle, fascisante à l’état endémique, était un autre parmi ces pays américanophile. L’explication on la trouve dans le fait que chaque Italien a au moins un parent de première ou de deuxième génération aux Etats-Unis. De même que l’Irlande. Passons donc l’éponge. Mais aujourd’hui ce mouvement s’amplifie. Avec la montée de la droite en Pologne, en Grèce, en Italie et en France ces pays sont les nouvelles épouses des USA. Un immense lupanar à défaut de harem. Le locataire actuel de l’Elysée est devenu le champion sans vergogne. Il rêve cow-boys et fricote, nouveau caniche, avec Bush. Tout fier. Presque à se demander s’il ne va pas vendre la France aux USA comme jadis la France (ajoutez le trémolo de Malraux dans la voix) le fit avec la Louisiane. Afghanistan : présent, de suite, patron Bush ! Pourquoi ne pas donner un coup de main en Irak ? Cela pourrait absorber pas mal de chômeurs et chômeuses. OTAN : ouai ! ouai ! A de Gaulle un bras d’honneur ! Gaulliste ? Mais bien sûr. Je le jure sur la tête de Cecilia…. La honte. La France de plus en plus en bas. Piétinée, martyrisée, pillée. Et l’Elysée devenu cabaret de luxe (merci contribuables), avec Madame qui se promène chez son éditeur en voiture d’état, avec escorte. Pendant ce temps la télé italienne diffuse une réclame de la Lancia. Une certaine dame y est présente. Réjouissante. Très réjouissante. Sur le Net, très suggestives photos d’une certaine dame, mieux que les clichés que les pauvres bougres vendaient sous le manteau à Montmartre à la fin des années cinquante. Evita Peron fait figure de très grande dame dans le Panthéon féminin des épouses très spéciales. Quel crédit peut on faire à la France ? Quitte à me répéter les quelques foutriquets de banlieue se sont emparés du pouvoir et, éberlués, les Français les regardent, amusés. On le sait bien, ce n’est pas un peuple qui connaît la révolte. On rentre la tête dans la carapace en espérant que ce soit le voisin qui écopera. C’est de cette façon qu’on se retrouve à Auschwitz, ou sans abri, ce qui revient à la même chose. Et le président qui a décidé de ramasser le gros paquet en un seul quinquennat n’a aucun état d’âme pour son peuple. Après tout il a raison. Ce n’est pas son peuple ! Bref quel crédit peut avoir la France en accédant à la présidence de l’Union Européenne ? 4. Les Français et les Hollandais avaient rejeté le projet du traité constitutionnel, stupidement, poussés par des vampires qui ne se réjouissent que dans la négation. Et il a fallu revenir au plus mauvais traité, celui de Nice, concocté par Chirac et Jospin qui, de l’Europe n’avaient que faire. Ils étaient en campagne électorale et avaient rédigé ce traité sur un coin de table de bistro juste avant de le présenter à leurs homologues. La honte. Encore une ! L’actuel président français s’est vanté (encore une fois) d’avoir été l’inventeur du traité de Lisbonne quand, en réalité, il y a aussi l’Allemagne et d’autres pays qui se sont investis dans la conception de ce traité. Le seul pays parmi les vingt sept partenaires de l’U.E. dont la constitution exige un referendum pour un traité européen c’est l’Irlande. Or celle-ci s’est prononcée contre le traité de Lisbonne. Le président français doit assumer. Il doit boire le calice jusqu’à la lie, bien qu’il y ait plein de bonnes âmes pour voler à son secours tel le président du Parlement européen. Mais commencer une présidence avec une note d’échec n’est pas une façon de se faire respecter. Quant aux Irlandais on aurait envie de les rassembler sur la place publique et leur rappeler que, s’ils sont sortis à jamais de la misère, ils le doivent à l’Union européenne. Et de ne même pas avoir la reconnaissance du ventre, cela peut faire du mal aux autres, à ceux qui se sont sacrifiés. La France est exactement dans le même cas de figure. Lorsque les Français ont voté contre la Constitution ils l’ont aussi oublié l’Europe. Les agriculteurs et les pêcheurs sont les plus virulent nonistes. La bonne et étonnante nouvelle (pas tant que ça) est que la Grande-Bretagne vient de ratifier le traité de Lisbonne portant ainsi à dix-neuf les pays ayant dit « oui ». Sur les vingt-sept, il ne reste donc plus que sept pays devant se prononcer. 5. Ce Conseil européen, passage de témoin entre la Slovénie et la France, est l’un des plus moroses auxquels j’ai assisté dans ces dix dernières années. Déjà l’affluence des média est bien moindre que d’habitude, mais les officiels aussi se font plus rares. Tous déçus par cette attitude négative d’un seul pays qui réussit à bloquer vingt six autres qui veulent aller de l’avant. Non, il n’est plus possible de continuer à vingt-sept comme quand on était à six. Il faut absolument trouver une solution rapide pour qu’il y ait une majorité qui fasse la loi. L’unanimité n’est plus de mise surtout lorsque la reconnaissance du ventre ne marche plus. Oscar Carchidi
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