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EDITORIAL de juillet 2005

Ce mois de juillet qui aurait dû être, un peu partout en Europe, un mois heureux, celui du soleil et des vacances, a bien mal commencé. Le Comité Olympique, sans aucune réflexion, a octroyé les Jeux de 2012 à Londres, en trahissant l'esprit même de cette manifestation mondiale. Peut-être que l'aréopage moderne et inculte qui siège aujourd'hui dans des luxueux salons dorés a oublié que jadis, pendant la période des jeux, tout acte de guerre était banni, la trêve étant de rigueur. Bien sûr nous espérons qu'en 2012 le Royaume Uni ne sera plus en guerre contre l'Irak, mais le fait est que l'attribution lui a été donné maintenant, que son premier ministre a menti au monde entier sur l'Irak et qu'il est intervenu sans tenir compte de l'avis de son peuple.
Voilà donc la récompense à la mauvaise foi.
Les commentaires autour de Paris évincé de la course vont bon train. Chacun cherche midi à sa porte ou mieux encore à la porte des autres. Sans s'attarder à des exégèses byzantines, mais le choix est vite fait entre M. Blair qui a déjà menti à tout va sur des questions cruciales et le respectable M. Delanoë. Pour nous il y a un seul vainqueur : le lobby anglo-américain qui a faussé une fois de plus la donne. N'aurait-il pas mieux valu tirer au sort le vainqueur parmi le dernier carré de candidats ?
Mais dès les réjouissances londoniennes terminées, l'horreur s'est abattue sur Londres. Les attentats terroristes en série ont ensanglanté la ville, le pays, l'Europe et le monde. Il y a certainement une relation de cause à effet. Y aurait-il eu des attentats si Londres n'avait pas eu les Jeux ? Le Comité Olympique s'est-il posé la question ?
Le bilan est grave. A ce jour une cinquantaine de morts, sept cent blessés au moins dont une soixantaine de graves, et encore des corps qui n'ont pas été extraits du 'tube', trente mètres sous terre. Ces terroristes aveugles ont frappé des femmes et des hommes, dont la plupart ont certainement protesté contre la guerre en Irak. Les terroristes de tout bord, non plus, ne se sont jamais posé de questions d'éthique ou de ciblage des victimes. " Tuez-les tous, Allah reconnaîtra les siens " : voilà leur devise. Mais c'était aussi la devise de la Sainte Eglise Catholique Apostolique Romaine il y a quelques siècles. Au nom du Dieu catholique, l'Etat Vatican par la main de ses terroristes de l'Inquisition n'a pas mieux fait. Mais nos tueurs d'aujourd'hui, au nom de qui perpètrent-ils attentats et meurtres ?
Les experts ès terrorisme se gargarisent avec des belles théories presque romantiques. Ne me faites pas le tort de confondre 'terroristes' avec 'patriotes'. Qu'ils aient appartenu aux mouvances anarchistes, ou à l'IRA, ou à l'ETA, ou aux Brigades Rouges ou à tout autre mouvement, les fous meurtriers ont ensanglanté notre Europe depuis plus d'un siècle. Aujourd'hui Al Quaïda remplace à lui tout seul tous les tueurs réunis. Avec en prime une internationalisation de l'attentat exporté aussi dans des pays qui étaient impénétrables à ce genre d'exercices. Mais les dévots de Bush, ceux qui l'ont soutenu et qui le soutiennent encore dans sa folie meurtrière doivent se rendre compte qu'ils ne peuvent pas être exempte d'un retour de manivelle.
L'Angleterre qui se vantait d'avoir réussi l'intégration multiraciale la plus importante au monde - trois cent langues et dialectes sont parlés dans le pays -, doit-elle réviser sa copie ? Pourtant en matière de terrorisme Scotland Yard en connaît un bout. L'Espagne aussi s'est laissée surprendre. L'éradication de ce type de terrorisme est quasiment impossible, mais il peut être réduit par une coopération étroite des pays européens et surtout au niveau mondial. Après l'Espagne et le Royaume-Uni, qui sera le prochain pays à être touché ?
Ce mois de juillet a aussi le triste privilège d'être le vingtième anniversaire d'un terrorisme d'Etat idiot : celui du meurtre du photographe Fernando Pereira qui se trouvait à bord au moment du sabotage du Rainbow Warrior de Greenpeace à Auckland par un faux couple de rigolos appartenants à la DGSE. Terrorisme d'Etat français, où les mensonges ont fusés avant l'aveu télévisé de Monsieur Laurent Fabius premier ministre. Le rapport 'secret' del'Amiral Lacoste dit bien moins de ce que les journaux de l'époque, qui avaient enquêté sur l'affaire, ont révélé.
A ce jour une seule vraie réjouissance : le " oui " à l'Europe par les Luxembourgeois. Monsieur Juncker, une grande figure d'Européen l'a bien mérité.
Ce peuple a peut être réussi à sauver la Constitution Européenne.

Oscar Carchidi

EDITORIAL d'avril 2005

Les hourvaris impudiques lancés par les média, sous l'instigation à peine voilée du Vatican, pendant toute la longue maladie du Pape, pour ameuter un maximum de monde, ont atteint leur apogée avec l'agonie et la mort de celui-ci. Ils vont se prolonger encore un bon moment avec les larmoyantes émissions de l'enterrement. Heureusement Zitrone n'est plus là pour s'égosiller dans la jouissance nécrophage.
Puis, à court terme, viendront les chuchotements, les fausses confidences, les " ouï-dire " et les paris sur l'élection du nouveau Pape, suivis par les tintamarres de la découverte au moment du " habemus papa ". Qu'il soit 'libéral' ou faisant partie de l'Opus Dei, le chef de l'église catholique apostolique romaine restera un dictateur. In secula seculorum.
Cela n'est pas mon propos, mais celui du défunt Pape, qui savait de quoi il parlait. J'avais rapporté ses paroles dans un article d'il y a quinze ans environ. A un journaliste qui l'interrogeait en s'étonnant de la façon dont le Vatican était gouverné, Jean-Paul VI répondit sans hésiter : " Le Vatican n'est pas une démocratie ".
Merci. Nous le savions depuis des siècles. En effet on oublie que cet état est un état théocratique, un équivalent ou même pire qu'une dictature stalinienne qui vit et survit en voilant sa stratégie politique sous couvert du pouvoir divin. Oui, il faut bien s'accrocher. Mettant de côté les panégyriques de circonstance post mortem, les louanges actuelles de la majorité des politiciens interrogés sont plus que nuisibles à la démocratie.
Sous le couvert de 'spiritualité' le Pape en exercice, quel qu'il soit, manipule des masses importantes d'individus, en leur dictant, sous la bannière trompeuse d'une divinité, ( c'est à méditer au XXIème siècle ! ), des règles de vie publique, de vie privée et jusqu'à des comportements suicidaires. Les morts et ceux qui vont mourir par le SIDA à cause du raisonnement borné du dernier gourou du Vatican ne peuvent plus se révolter. Plus de vingt-cinq ans de règne absolu vont laisser des traces indélébiles. Les dégâts seront inventoriés par l'Histoire.
Dans d'autres siècles le Vatican fut à la tête de génocides en Europe, en Afrique, en Amérique Centrale et du Sud ; ce fut aussi l'Inquisition, qui tua à tour de bras des poètes, des philosophes et des scientifiques. Plus récemment ce fut la connivence avec les régimes nazis et fascistes. Et que dire de l'orchestration de l'Opus Dei, la pieuvre aux mille tentacules, qui refait actuellement surface en s'infiltrant dans tous les secteurs de notre société ?
Notre cher Alexandre VI, des Borgia, n'était qu'un petit amateur, un malfrat de petite envergure, qui avait tout même le courage de zigouiller de temps à autre quelqu'un de sa propre main. Un enfant de cœur, quoi ! En revanche être directement ou indirectement responsable du massacre d'un continent* au nom de je ne sais pas quel dieu, attire les louanges d'un large éventail de politiciens et de leurs peuples. Tromper et tuer en masse est conçu de nos jours comme une vertu cardinale, sans jeux de mots.
Dans le concert des Nations, il me semble que la France en ajoute une couche en répétant et en se glorifiant d'être la fille aînée de l'Eglise. Certes, en même temps les Français sont les seuls à se croire cartésiens, en oubliant d'employer le vrai outil de pensée que Voltaire leur a montré.

Oscar Carchidi

*On compte actuellement soixante million d'Africains atteints par le SIDA. Pour l'Asie on en est aux mêmes chiffres.

EDITORIAL de février 2005

Oui, cette année a mal commencée. Quelques jours après de la catastrophe du tsunami, les prévisions les plus pessimistes donnaient un nombre de victimes qui avoisinait les cent vingt mille. Quatre semaines après, il semble qu'on puisse parler d'au moins deux cent quatre vingt mille morts. Dans ce genre de malheur on ne compte pas les blessés, les mutilés, les lésés à vie.
La seule personne qui ait trouvé ce drame " bénéfique " c'est Condolezza Rice, nouvellement élue au poste du département d'Etat de la deuxième administration Bush. Condoléances, Condolezza. Si c'est ainsi qu'on commence une carrière…et même si cela est un lapsus, il est très démonstratif de l'état d'esprit qui règne à la Maison Blanche. Car il a été réélu, lui, Bush, pour un second mandat. Devons-nous considérer cela comme une catastrophe ?
Sans doute, car il recommence à menacer d'autres pays, à vouloir semer la terreur s'ils ne se plient pas à ses diktats. Le monde a été très déçu de sa réélection, car on comptait sur un sursaut réellement démocratique des étatsuniens. Mais c'est à désespérer, au moins pour quelques générations.
A la différence d'autres dictateurs, d'Hitler par exemple, Bush, détenteur d'armes de destruction planétaire, peut se rendre maître du monde en vingt-quatre heures. Une bombette par-ci, une bombette par-là. Il faut juste que lui et ses acolytes le décident après une beuverie ou/et quelques prises de drogue. Ou ce qui est pire, entre deux prières.
Mais il semble que cela n'arrive plus. C'est ce que disent tous les ivrognes et drogués avant de recommencer. Les fous dans l'Histoire ont toujours eu raison. Raison à leur façon. Ils ont tué, pillé, détruit, démoli, incendié et quitte, in fine, à crever eux-mêmes, ils ont laissé la désolation derrière eux et des générations de victimes. Mais ils meurent tous paisiblement dans leur lit, à quelques exceptions près.
Nous, journalistes, qui osons dénoncer les monstruosités de notre propre " civilisation", nous sommes conscients d'être des Don Quichottes délirants, se battant contre des moulins à vent, des moulin à eau et des moulins à palabres, car le " royaume des hommes conscients " n'est pas encore prêt à prendre le pouvoir.

Oscar Carchidi

EDITORIAL de janvier 2005

2004 s'est terminé avec le plus grand drame de nos temps dû à la furie soudaine, incontrôlée et incontrôlable de la nature terrestre qui dans ses excès de folie programmée a frappé à l'aveugle. La nouvelle année commence donc avec une plaie géante et béante qui mettra longtemps à se refermer et dont les traces resteront vives sur plusieurs générations.
Il faut noter que c'est la première fois dans l'histoire de l'homme que l'ampleur d'une catastrophe naturelle touche directement ou indirectement tous les continents. Ressortissants de pays 'pauvres' et de pays 'riches' se retrouvent unis dans le deuil, car si les morts sont les morts, beaucoup de survivants devront réapprendre à vivre amputés de leur êtres chers. Se reconstruire est de beaucoup plus difficile que reconstruire.
Un mouvement de solidarité intercontinentale a surgi immédiatement et cela sans besoin de galas de stars ni d'émissions non-stop programmées par les radios et télévisions. Pas de méli-mélo ou de niaiseries dans les chaumières. Les images crues et les informations mornes reçues en temps réel (nous ferons des commentaires à ce sujet à un autre moment) ont suffi. Cet élan de générosité aurait-il été le même si un pays en voie de développement ou non avait été le seul à être touché ? Que fait-on pour les millions d'individus à travers le monde plongés dans le désespoir à l'état endémique ? Prenons la France, que fait-elle pour ses sans abri, ses chômeurs de longue durée, ceux qui vivent dans la précarité à longueur de vie ?
Le bilan, cinq ou six jours après, est lourd : cent cinquante mille vies fauchées en dix minutes, sans compter les victimes qui tomberont suite aux inéluctables épidémies et les quelques suicides qui auront lieu parmi les rescapés. La Nature tout de même a frappé moins bien et moins fort que l'homme. Car il faut se rendre à l'évidence : en une dizaine de secondes, la bombe 'A' fit à Hiroshima environ cent soixante dix mille morts et trois jours après une autre bombe en un laps de temps moindre fit plus de soixante quinze mille morts à Nagasaki : c'était, il y a juste soixante ans, à quelque mois près. Des milliers d'individus survivent encore aujourd'hui dans la douleur physique. En ce qui concerne la douleur morale, peut-on la quantifier ?
Quelques mégatonnes de missiles US lancés sur Bagdad il y a un peu plus d'un an ont dû faucher environ cent mille habitants. Une broutille, quoi ! Les spécialistes de la désinformation gouvernementale étatsunienne ne m'ont jamais fait croire aux 'coupes chirurgicales' de leurs armes 'intelligentes' qui tombaient sur les bâtiments 'officiels' sans toucher ni les maisons ni les hommes. C'était encore le numéro de choix du duetto des donc tristes comiques Bush-Powell, les seuls détenteurs d'armes de destruction massive. Les tueries continuent à ce jour.
J'évite à propos de parler des millions de morts que les hommes de tout rivage ont 'glorieusement' fait au cours du dernier siècle : Ière et IIème guerre mondiale, Indochine, Corée, Vietnam, Algérie et j'en oublie ; les génocides et les tueries en tout genre, ceux des juifs, des tziganes, des communistes, des anticommunistes, des arméniens, des protestants, des catholiques, des bouddhistes, des peaux rouges, des noirs, des indiens et j'en passe… Oui, c'est vrai, la nature, en comparaison, est assez clémente… Sur les plages qui furent 'de rêve' quelques jours seulement après ce drame de fin d'année, pendant que les morts ne sont pas encore enterrés, que les cadavres sans nom sont amoncelés sur les places, que des parents cherchent désespérément leur enfant, il y a encore des touristes, à deux pas de là, qui se dorent au soleil en ignorant ce qui se passe de l'autre côté de la palissade. Indécent ! Shocking ! Au vu de cette inconscience, quel aide humanitaire pourrions-nous proposer ?
Le fameux duetto Bush-Powell s'est montré à la télé avec l'air de chiens battus : la grande Amérique, enlisée dans la guerre irakienne, ne peut dégager de l'aide que petit à petit. Oncle Sam est en banqueroute. Ce qui est comique dans ce drame est que les sous qu'ils vont donner sont les sous qu'ils ont soutiré au Sud-est asiatique.
Je suis quasiment certain que Bush-Powell doivent maudire quotidiennement leur dieu pour ne pas avoir envoyé ses foudres de colère sur l'Irak et en particulier sur Bagdad. Mais, après tout, si leur dieu, avec ça, leur avait donné un signe, une idée à exploiter, quelque chose, en somme, à lancer d'un avion ou d'une fusée, comme il y a soixante ans ?…

Oscar Carchidi

EDITORIAL de Janvier 2004

LES EMPOISONNEURS

L'année qui vient de s'écouler nous a été empoisonnée par un tas d'individus qui font partie de la pègre mondiale et de ce fait intouchables. On commence par Bush, menteur invétéré, pour lequel j'ai épuisé toutes les épithètes. Il veut gouverner le monde et il le peut. Sa force de frappe et sa folie est telle qu'il peut aller plus loin. Hitler avait commencé plus modestement. La comparaison ne doit choquer personne. Jadis les dictateurs ignoraient la Société des Nations ; aujourd'hui ils se moquent de l'ONU, le sacré machin… Bush continue à s'entêter, bien que, comme c'était prévisible, on lui ramène quotidiennement du désert irakien sa ration de cadavres ; des enfants qui ne sont même pas morts en héros. Il y a même des cercueils qui contiennent des cadavres de suicidés. Il y a aussi des GI's qui se suicident au retour au pays. Pauvres garçons et filles, dont le plus grand nombre sont black ou hispano qui cherchaient dans cette armée la reconnaissance qu'ils n'ont jamais eu chez eux, dans les 'States'. L'occupation bushienne commence à s'éterniser si bien qu'elle commence aussi à taper sur les nerfs des plus 'gentils' des Irakiens. Certes ceux-ci ne sont pas des Vietnamiens. Néanmoins Bush pourrait tout de même réfléchir, et si ses capacités intellectuelles diminuent de jour en jour, ses 'conseillers' pourraient lui suggérer une autre voie, la seule : foutre le camp. Mais non ! Quelle parade a-t-il trouvé pour diminuer ses propres cercueils ? Il invite les copains de tout bord, même ceux dont il ne sait pas où situer leur pays, afin qu'il se fassent tuer à la place des siens. Pour une poignée de couscous (j'allais dire de riz). Le foutriquet est, en tout cas, un bon manipulateur, mais il y a de plus en plus de Etats-Uniens qui veulent en découdre avec lui. L'Américain moyen, comme n'importe quel autre individu sur terre, à force d'être pris pour imbécile, devient à un certain moment intelligent. Ce serait un malheur pour le monde si Bush obtenait un deuxième mandat ( bien que le premier, il l'ait volé).
Le deuxième individu, Blair qui pue comme un blaireau, même quand il se présente devant la Chambre des Communes pour faire des discours scandés par des trémolos, nous a empoisonné la vie avec l'Irak, un peu avec l'Europe et surtout avec l'affaire Kelly. Cette affaire nous rappelle étrangement celle de notre Boulin, qui s'est noyé dans cinquante centimètres d'eau. Pour Kelly, c'est du pareil au même. Qui peut croire qu'un homme touché dans sa dignité et sous le coup de l'émotion planifie froidement son suicide ? Il s'en va au préalable acheter un produit anti-douleur à la pharmacie (a-t-on trouvé la boutique où il a acheté cette drogue ?) puis tranquillement s'en va en forêt, s'injecte le produit et hop se suicide. Il n'y a que les services secrets et Blair qui croient que les citoyens boivent leur balivernes. Pour moi c'est catégoriquement NON. Les conclusions du juge, qui semble pourtant être un type honnête et indépendant (que signifie ce mot dans une justice d'Etat ?), portent sur les questions tordues qui lui ont été soumises. Les vraies questions ont été escamotées. Et sont donc toujours en suspens. Aucune enquête sérieuse ( j'ai dit 'sérieuse') n'est venue se brancher sur cette affaire.
En France nous en avons l'habitude : affaire Ben Barka, affaire Boulin et les autres cinquante affaires dont les services 'spéciaux' se sont emparés. Quelques unes de ces affaires sont élucidées de temps à autre. Nous étions en admiration devant la justice britannique, mais c'est désormais elle qui nous copie… Kelly est pour nous un mort éloquent. Nous attendrons le temps qu'il faut. Il est certain que d'ici quelque temps un agent secret l'ouvrira bien fort, comme c'est souvent le cas dans ce genre d'affaires.
Que dire de Sharon, sinon que depuis toujours il cherche l'escalade dans la provocation. Cette année il a avancé encore un peu plus avec son mur de la honte, comme aurait dit Churchill. Sa provocation atteint les sommets quand il voudrait qu'à ses actes, ceux d'en face ne repondent guère.
Tant d'autres coquins nous ont empoisonné l'existence en 2003 : les bateaux-poubelles des armateurs bidons ; les avions pourris de compagnies pourries qui appartiennent à des propriétaires pourris. L'appât du gain est toujours à la base de ceux qui nous empoisonnent : les politiciens pour garder le pouvoir contre vents et marées et les nantis pour cumuler davantage de dollars.
Il y a aussi ceux qui nous ont gâché un moment de bonheur comme Berlusconi, le premier ministre italien, qui, en grand fainéant, homme de chansonnette, n'a pas su donner l'élan qu'il fallait pour arriver à la signature de la Constitution européenne.
Fautifs aussi l'Espagne et la Pologne qui ont mis en danger l'avenir de nos enfants.
Les autres empoisonneurs ont été (mais il le sont à l'état endémique) les laboratoires pharmaceutiques, les voleurs-politiciens à grande échelle, les banquiers (en général, mais pas tous), les assureurs (en général, mais pas tous), les foulards, les croix, les kipas, et tutti quanti….la liste est longue.
Que faut-il faire pour que ces empoisonneurs et d'autres qui sont aux aguets nous laissent vivre en paix cette année ? Les armes démocratiques sont lentes et nous n'avons pas d'armes de destruction massive, hélas !
Et puis à quoi bon ?
De Gaulle répondit un jour à Guichard qui lui avait dit qu'il fallait tuer tous les c..," vaste programme !"
Bonne année 2004 tout de même de notre rédaction toute entière !

Oscar Carchidi


Editorial du 14 juillet 2003

Clowns, pitres et saltimbanques

Depuis quelques mois, il me semble vivre dans un univers de clowns, de pitres et de saltimbanques de mauvaise compagnie. Car si les vrais m'ont toujours fait rire ou m'émouvoir, ceux qui m'entourent aujourd'hui, qui sont ceux-là mêmes qui gouvernent le monde, me font pleurer et m'insurger. Vous avez sans doute noté, vous aussi, et avec votre propre sensibilité, ces suites de situations navrantes, quand, par exemple, des personnalités supposées sérieuses répondent avec une pitrerie à des questions sérieuses. Peut-être est-ce l'effet de la chaleur accablante de ce mois de juillet qui fait ramollir pas mal de cerveaux déjà fortement entamés par de multiples causes telles le pouvoir, l'argent, l'alcool et la drogue, mais il me semble que nous sommes en train de vivre des sommets de bêtises intenses dignes de rentrer dans le Guinness des records.
Commençons avec le pitre américain Bush, l'homme le plus puissant du monde et son valet britannique Blair. Molière s'en s'aurait donné à cœur joie. Les deux larrons, après avoir fabriqué et usé de faux documents et de faux rapports pour truander leur assemblée respective, pris la main dans le sac, que font-ils ? Bush, le clown suprême, se fait secourir par le patron de la CIA, qui bizarrement ( avez-vous dit bizarre ? ) ne se fait pas limoger, mais, au contraire, et il y a fort à le parier, obtiendra une grooosse promotion à court terme. Blair, quant à lui, continue à tenir bon contre vents et marées et montre son vrai visage de mauvais menteur et de parfait pitre. Aznar, dans cette affaire irakienne, semble avoir décidé de mettre la pédale douce, à moins qu'un coup de chaleur subite ne le fasse répartir idéologiquement outre atlantique.
Qui veulent-ils encore duper ces messieurs? Certainement pas moi ni ceux parmi vous qui ont un sens aigu de l'objectivité. Cette affaire irakienne, à propos de laquelle nous savions dès le départ, par simple déduction logique, que les armes de destruction massive n'étaient que du pipeau bushien, se termine en farce*. Pendant ce temps des GI's stationnés en Irak tuent et se font tuer chaque jour comme c'est le propre et le destin de toute force d'occupation n'importe où. Et cela ne nous fait pas marrer. Cela ne fait pas marrer non plus les GI's dont le retour prévu ce mois au USA a été simplement annulé sine die par leur grand président. Comme nous l'avions prévu, la rébellion interne aux Etats Unis même commence à se faire entendre avec l'arrivée journalière des cercueils en provenance d'Irak. Il n'y a que Bush pour rigoler d'avoir réussi à duper ses compatriotes. Mais rira bien qui rira le dernier.
Chez nous en France, dans le pays supposé être celui de Descartes, la bêtise des " grosses têtes " de RTL contamine les hautes (sic !) sphères : Monsieur Raffarin, premier ministre de son état se permet de lancer, en plein débat sérieux à l'Assemblée Nationale, des phrases grossières envers l'opposition. Et quand le tollé de protestation s'est levé aussi d'une partie de son camp, il dit que " c'était pour rigoler ". Raffarin donc a dû confondre le sacro-saint hémicycle avec une piste de cirque. C'est plutôt grave, n'est ce pas docteur ?
Monsieur le baron Machin finira aussi pour avouer qu'il avait prononcé la fameuse phrase sur les intermittents du spectacle seulement pour " rire ". Il est vrai que ce n'est pas la première fois qu'il profère des grosses rigolades, mais avec sa tronche à la Buster Keaton qui peut savoir quand il est sérieux et quand il fait le pitre ?
Il y a aussi de ceux qui ne s'aperçoivent pas des pitreries qu'ils sortent en public et pour cause : par exemple le soixantehuitard Savary donne des leçons à ces mêmes intermittents. Repu, mangeant à sa faim, mettant en scène ce qu'il veut grâce aux subventions multiples, il pontifie en patron. Mais ce même monsieur se qualifie de saltimbanque…ce qui n'a pas de sens pour qui touche des subventions publiques. Peut-être que c'est pour rire… Et pour en finir avec cet argument nous ne pouvons pas citer aussi le Medef dans son ensemble qui a réussi son coup de prestidigitation : sachant depuis longtemps qu'un tas d'entreprises trafiquaient avec les allocations dues aux intermittents, il tape sur ces derniers à la place de taper sur les premiers. Un vrai guignol vous dis-je !
Et venons-en maintenant aux problèmes corses. En ce qui concerne la consultation, la plaisanterie a été de taille : on entend encore les ricanement de ce côté-ci. Pour le deuxième volet, il faut tout de même prendre quelques précautions. En effet ce n'est pas chrétiennement charitable de se réjouir de la condamnation d'un homme, car cela est un signe d'échec pour la société. Mais le " commando ", ou plutôt la bande de pétomanes dangereux qui ont avoué avoir participé à l'assassinat du Préfet Erignac est la démonstration même de l'état d'euphorie inconsciente et facétieuse dans laquelle notre société baigne. Les condamnés et leurs supporters s'élèvent contre un jugement comme si cet acte infâme perpétré contre la République ne fut qu'une petite rigolade manigancée par des petits chenapans. Quelques chefs d'état, quant à eux, ont bien dû se marrer en faisant voter ces temps-ci des lois pour obtenir l'immunité pour esquiver les tribunaux devant lesquels ils auraient dû comparaître pour de sales affaires financières. Cela ne se passe pas sous des cieux exotiques mais bien dans notre chère Europe. Ces braves chefs finiront un jour pour avouer que c'était pour blaguer. On s'en était aperçu que vous nous possédiez, les pitres !
La palme d'or de ces derniers temps revient toutefois à Silvio Berlusconi, dont le titre de Monsieur est peut-être de trop. C'était sans doute pour rire (un rire jaune) qu'il voulait donner un rôle de kapo à Martin Schultz chef du groupe du Spd au Parlement Européen. Berlusconi ne s'est pas excusé, il a simplement " regretté " l'incident. Le sous secrétaire au tourisme Stefano Stefani, encouragé par son patron a renchéri contre les Allemands la semaine d'après, avec des pitreries dignes de la télé du même patron. Stefani qui appartient au groupe de Bossi ( celui qui semble avoir de temps à autre des coupures de neurones ), a fini par donner sa démission. Les imbéciles font toujours des émules !
Cette affaire aurait presque pu passer inaperçue à un autre moment, mais elle est devenue difficile à gérer car ces insultes ont été proférés juste au moment où l'Italie venait de prendre la Présidence de l'Europe. Les pitreries et vulgarités des dirigeants italiens actuels, Berlusconi en tête, ne font pas rire beaucoup de monde. Monsieur Ciampi, le Président de la République Italienne, un vrai homme d'Etat, essaie dans les limites des pouvoirs qui lui sont conférés, de contenir au mieux les débordements d'une troupe de rigolos, mais le constat est là : l'Italie a mal démarré sa Présidence. Surtout après l'excellentissime…Présidence Grecque. Il semble que chaque peuple a le gouvernement qu'il mérite.

Oscar Carchidi

Editorial du 25 mars 2003

LES RIGOLOS DE SERVICE

Je n'ai nullement envie d'employer un langage correct avec des voyous ou mieux encore avec des brigands de grand chemin. Ils n'en comprendraient pas la finesse. D'autre part si l'affaire n'était pas si dramatique, j'aurais envie de rigoler à toutes les imbécillités que Bush, le busher débite à longueur de journée, accompagné par le chœur de ses généraux fripons. Bush et ses acolytes croyaient faire tomber Bagdad en vingt-quatre heures. Il y en a eu d'autres en d'autres temps qui ont envoyé leurs enfants, la fleur au fusil, se faire massacrer…cela devait être une promenade…en taxi… Bush s'attendait à voir les Iraquiens accueillir ses " boys " comme des sauveurs divins après le déluge de bombes et de missiles que ces derniers font pleuvoir sur le pays. On dit que l'homme a la mémoire courte. Bush à ce compte là est déjà atteint d'Alzheimer. Il a oublié la Corée, le Vietnam, l'Afghanistan et le reste ; l'enlisement et le découragement ; le sang et les larmes ; l'horreur sans rédemption. Ah ! si son Dieu pouvait lui faire entendre raison ! L'expérience ne sert à rien, non plus, quand on est borné et de mauvaise foi. Tout d'un coup, en effet, Bush s'aperçoit avec indignation, en même temps que ses généraux ( ceux qui s'entraînent avec des jeux video, comme autrefois d'autres avec des soldats de plomb ), que le pays qu'il a agressé et qu'il est en train d'envahir, se défend et que ses " boys " peuvent aussi devenir prisonniers des Iraquiens. Alors le rigolo Bush brandit la Convention de Genève ! Tiens, il s'y connaît celui-là en conventions internationales ? Et que fait-il de ses prisonniers de Guatanamo ? Et il somme les Iraquiens de ne pas se défendre. Sinon ? La guerre devrait être meurtrière seulement pour les Iraquiens selon la Bible du Texan Bush. Mais son Dieu est aussi un rigolo qui ne reconnaît pas les siens ! On va pas faire de l'anti-américanisme primaire, mais ce Bush et les caricatures de ses nombreux généraux-Rambos le cherchent. Les Amerlocs découvrent le plaisir de faire des cartons sur les papillons de Blair ! Drôle de camaraderie ! L'enquête pourrait s'orienter vers un mec de Ben Laden, infiltré dans l'armée américaine. A propos quelle est la couleur de peau de l'artilleur américain qui a visé cet aéroplane english ? Bush, avec ses manières grossières de Texan primaire, prêt, par sa culture ancestrale, à dégainer du Colt, le plus souvent sans raison, s'érige en apôtre d'une civilisation que n'est certainement pas la nôtre. Et pendant que les premiers cercueils rentrent en catimini aux Etats Unis, il jubile de voir qu'il y a des pôoovres petits que se sont fait zigouiller pour ses intérêts personnels. Minable Bush que depuis qu'il a volé sa place de président ne cesse de faire des bras d'honneur à la terre entière, est dans la droite ligne de ses prédécesseurs qui ont condamné Sacco et Vanzetti, les Rosemberg et d'autres, après des procès faussés d'avance. Bush, émanation de la justice de sa fédération qui continue à tuer des innocents qui ont subi des procès bâclés, souvent à cause de leur peau noire, doit, s'il y a une justice divine à laquelle il croit, toucher le gros lot. Ce fou maniaque, nouveau Néron, désormais patron de la plus puissante armée de la planète, confond dans son esprit dérangé fiction et réalité. Quand il se réveillera, après avoir mis à feu et à sang l'Irak, s'il se réveille jamais, il sera peut-être trop tard. Même pour nous.

Oscar Carchidi

Editorial du 20 mars 2003

FOUS, SCHIZOPHRENES, PARANOIAQUES, VALETS & Cie

On dit que plus il y a de fous plus on se marre. Mais quand il n'y en a plus qu'un seul, on ne se marre plus, on chiale. Bush avec ses yeux porcins, son regard mi-hagard d'ex alcolo et d'ex drogué (et pourquoi ex ?), fils spirituel d'un fou de Dieu, l'ayatollah méthodiste Billy Graham, (qui dans les années cinquante remplissait des stades entiers autour du monde et 'convertissait' à tour de bras), a lancé son armada contre l'Irak. Il est un criminel au sens strict du mot car il ne défie pas Saddam à armes égales et il se croit investi par un pouvoir divin pour imposer sa propre loi dans un pays et dans une région du monde. Il ne faut pas être un grand psychologue pour comprendre de sa façon de s'exprimer devant les caméras qu'il souffre d'une forme aiguë de schizophrénie et de paranoïa. Je crois que Freud lui-même n'aurait pu le sauver. C'est pour cela que je plaiderais pour son incapacité intellectuelle, devrait-il être un jour traduit devant le C.P.I. Il s'est donné à lui-même la légitimité que l'ONU lui avait refusée. Il a donc craché impunément sur toutes les nations du monde. La loi du plus fort l'a emporté.
Que justifie ce diagnostic de schizophrénie et de paranoïa ? Plusieurs arguments peuvent être avancés : en premier lieu la haine personnelle que Bush nourrit contre un autre dirigeant d'un autre pays, à cette occasion Saddam, qui, tous comptes faits, n'est pas pire que lui. Pourquoi ? Une des lubies de Bush, le boucher planétaire, est, prétendument, d'abattre ceux qui ont fourni les moyens d'agir aux assassins du triste 11 Septembre. Or le régime irakien est le seul dans ce coin-là à être laïque et il n'y a aucune évidence que Saddam ait fréquenté ces types de terroristes.
Bush, s'il n'était pas schizophrène, aurait dû plutôt s'en prendre à l'Arabie Saoudite, et à d'autres, peut-être au Pakistan. Paranoïaque, car il a voulu se substituer aux inspecteurs de l'Onu. Les armes de destruction massive appartiennent parmi les nations du monde aux USA et dans la région du Moyen Orient à Israël. Pourquoi Bush ne désarme pas son pote Sharon qui, profitant de l'attention détournée des médias, redouble en ce moment ses incursions en territoire palestinien ?
Mais Bush n'est pas fou tout le temps. Dans un des quelques moments clairs de sa triste vie il s'adonne à une autre cause : celle de la mafia. En effet, en prévoyant la reconstruction de l'Irak, il a donné à la société de son vice-président la plus belle part du gâteau. Blair, le majordome anglais et Aznar, le valet espagnol seraient-ils des émanations de la CIA comme Berlusconi ? Celui-ci a pu néanmoins se retirer sur la pointe des pieds grâce aux arguments des anciens présidents de la République italienne encore en vie et à celui en exercice, qui lui ont mis sous le nez l'article 11 de la Constitution. Blair et Aznar, contre vents et marées ont tenu bon près de leur maître et seigneur. Qu'ont-ils obtenu comme cadeaux ou quel serment avaient-ils prononcé pour se laisser entraîner, en dépit de toute raison, dans le sillage du fou ? Tôt ou tard nous le saurons, car ces laquais d'aujourd'hui, ayant perdu tout amour propre, s'en vanteront bien, la saison venue.
Mais retournons à notre mouton préféré. Bush n'est pas moins dictateur que Saddam. Ayant décidé tout seul à se lancer dans cette chasse meurtrière il s'est élevé sur les gradins où siègent Hitler, Staline, Mao & Cie.
Pourquoi s'arrêterait-il là ? Sur la route du retour après la razzia des puits de pétrole irakiens, il pourrait aller donner une raclée à la Corée du Nord. Ensuite qui vous dit qu'il ne pourrait pas s'offrir une halte sur les côtes françaises pour mettre au pas Chirac et les Français ?
Bush, le fou, schizophrène et paranoïaque entouré par une horde de foutriquets ne va-t-il pas finir à nous faire aimer des ordures comme Saddam ?
Oscar Carchidi

Editorial du 12 mars 2003

Veto et autres questions en suspens

1) Que Monsieur Chirac soit sur la voie d'être un candidat au Prix Nobel de la Paix, nul ne l'ignore. En tant que chef de file des Nations qui refusent de passer outre les accords intervenus à l'ONU, la France est prise, elle aussi, comme cible par une meute de va-t-en guerre. Mais fait, si pas unique, au moins rare, tous les partis en France et au moins quatre-vingt-dix pour cent de la population française est d'accord avec son Président pendant que Tony Blair ne sait pas à quel Diable se vouer à présent que ses alliés sont devenus pressants. S'était-il engagé à leurs côtés en espérant secrètement qu'ils n'auraient jamais franchi le Rubicon ?
2) A ce point, une question subsidiaire, bien qu'importante, surgit comme de source. Faut-il supporter longtemps dans l'Union européenne, des pays comme le Royaume Uni qui se créent leurs propres lois et qui, dans des circonstances précises comme la présente, font fonction de cinquième colonne américaine ? Vont-ils bafouer la démocratie pour se rallier à un de leurs alliés qui voudraient se surcroît voir disparaître l'Union européenne ?
3) Certes, vu la force de frappe actuelle de l'Oncle Sam, personne ne peut s'opposer à son désir meurtrier, à sa volonté de s'emparer des richesses naturelles d'un autre pays, à sa vue hégémonique sur l'ordre mondial. Il ne reste que le droit de veto - un symbole fort - pour s'opposer au plus fort. Pourquoi, une fois réglée l'affaire irakienne (mais attendons de voir comment et surtout en combien de temps) et " à la mise au pas " de toute la région, qui empêchera Bush, l'ayatollah suprême de loucher sur l'Europe pour y imposer son ordre, sa morale et son Dieu en nommant ses lieutenants Blair pour la zone Nord et Aznar- Berlusconi pour la zone Sud ? Prévoyant Bush, car en criminel potentiel, il a essayé de saboter la CPI. Par peur d'y être traduit un jour ?
4) Bien que plusieurs représentants du Conseil de Sécurité des Nations Unies étaient à même d'user de leur droit de veto au cas où une nouvelle motion aurait été présentée à l'ONU par les Etats-Unis, il me semble que le veto français aurait eu un éclat particulier. La France en désavouant, dans cette affaire, son ami et allié va contre ses propres intérêts, en sachant pertinemment qu'elle se prive d'une partie du gâteau final. En cela, la France assume, à mes yeux, la grandeur de ses beaux jours et son Président Chirac, la stature d'un véritable grand homme d'Etat. C'est l'occasion, me diront d'aucuns, qui fait le larron. Mais, dans ce cas précis, c'est l'occasion qui fait le héro. Vous rappelez-vous de l'histoire racontée dans le film de De Sica Le général della Rovere ?
5) Une dernière réflexion voudrait que pour empêcher un carnage certain, les chefs d'Etat qui estiment la démarche probable de Bush non conforme au droit international, devraient, pour affirmer leurs principes, se rendre comme boucliers humains en Irak. Par charters. Des charters organisés par Sarkozy.

Oscar Carchidi

Editorial du 4 mars 2003

Les Dieux

Le Dieu de Bush n'est certainement pas le mien, en aurais-je un. Mais je sais que le sien n'est pas le Dieu chrétien comme il voudrait me le faire entendre. Le sien est plutôt Baal, le sanguinaire, ou Belzébuth, le seigneur du fumier et des mouches, ou un quelconque Moloch, gourmand d'enfants passés par le feu. Car, s'il y a encore deux jours, j'étais sincèrement convaincu que la raison l'aurait importé sur la frénésie guerrière, aujourd'hui il faut que je me plie à l'évidence devant les intentions exprimées haut et fort par les forces du mal, c'est à dire par ceux qui appartiennent à la raison du plus fort. Aujourd'hui il est clair que Bush et ses acolytes passeront outre les recommandations de l'ONU et que l'attaque contre l'Irak est imminente. Il n'y aura pas de miracle, même pas avec la médiation du Pape. Et qu'on ne se trompe pas : si, à la suite du néfaste onze septembre, je faisais confiance à Bush et à son équipe pour éradiquer le terrorisme d'Etat, aujourd'hui je suis obligé de me rendre compte que le terrorisme a changé de quartier et qu'il s'est installé confortablement à la Maison Blanche. Bush le Grand Inquisiteur qui fustige à tort et à travers quiconque ne lui plait pas au nom de son Dieu, devient un vulgaire terroriste en lançant sa puissante armée contre un Etat souverain et laïque. Aujourd'hui le danger c'est Bush car s'il donne l'ordre funeste, il va mettre a feu et à sang une bonne partie du globe. Les armes de destruction massive n'existent plus chez Saddam, autrement les Américains auraient identifié leur position depuis qu'ils ont cartographié le pays en long et en large. Qu'on ne me reprenne pas en me citant les méfaits de Saddam Hussein, autrement on m'obligera à citer la Corée du Nord et je demanderais aussi pourquoi Bush ne va pas envahir le Nigeria, où, au nom du même Dieu que le sien, on lapide des femmes sur la place publique. La raison, la vraie raison, que Bush ne cache plus, mais que tout le monde connaît depuis longtemps, est qu'il veut s'emparer des puits de pétrole irakiens. A quel prix ? Les enchères sont lancées : cent, deux cent mille morts ? Qu'importe ! Son Dieu est assoiffé de sang et lui, Bush, de pétrole. Mais parmi ces morts un certain nombre seront des GI's. Dieu, celui de Bush, ( et comme tous les Dieux), est aveugle mais pas raciste : un mort c'est un mort. Dès que le premier avion chargé de cercueils rentrera aux Etats Unis, l'Amérique désenchantera. Il se pourrait que le glas retentisse alors aussi pour l'administration Bush. Dieu, celui de Bush ne pourra, à ce moment-là, plus rien. La maxime millénaire passera de bouche en bouche comme une litanie pour une nouvelle messe : vox populi, vox dei. Un peuple-Dieu qui a pris conscience de la bêtise d'un puissant aveugle et surtout goinfre en pétrole.

Oscar Carchidi

 


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dernière modification novembre 2008