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8 novembre 2003
LE DON QUICHOTTE DE PIETRAGALLA
Opéra de Marseille, le 7 novembre 2003 : on retient
son souffle. Ce soir c'est la première de la création de Marie-Claude
Pietragalla, le ballet Don Quichotte. Par indiscrétion, si on s'intéresse
à la danse, on a appris que c'est un beau ballet, que c'est bon
et que c'est un bonheur.
Dès le lever du rideau, on a compris que c'est vrai. Les tableaux se succèdent et s'enchaînent dans une continuité magique, dans une opulence de couleurs, dans une magnificence de costumes (dessinés par Ruben Alterio et réalisés magistralement par Patrick Murru), pour donner encore plus de relief au travail admirable des danseuses et des danseurs. La musique de Ludwig Minkus et de Manuel de Falla, adaptée et dirigée par l'extraordinaire Elizabeth Cooper porte la touche en plus. A l'origine de tout cela, une femme qui est la volonté même et l'obstination autant que l'esthétique : Marie-Claude Pietragalla. Relecture ou adaptation du roman de Cervantes ? Quelle importance ? Une artiste de la taille de cette dame peut bien se permettre de visiter à sa façon, sans pour autant le trahir, un ouvrage universel pour en faire une autre œuvre d'art dans un autre domaine. Julien Derouault méritait bien le rôle de Don Quichotte, mais qui pouvait mieux incarner Sancho sinon Angelo Vergari ? Une vraie révélation ! Que dire de toutes les autres solistes, les autres danseuses et danseurs ? Tous méritent un éloge particulier. Ils nous offrent un moment de grand bonheur et démontrent qu'à Marseille aussi on peut créer des grandes choses. Volonté, volonté chérie…. Renaud de Thiers
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