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Février - Mars 2008
XIIIème Festival russe au Toursky

Le tant attendu festival russe annuel du Toursky bat son plein. D’autres auraient peut-être aimé le voir battre de l’aile…mais bien que depuis quelques années certaines institutions ont annulé des subventions spécifiques pour ce festival, Richard Martin le Directeur de ce théâtre marseillais se bat bec et ongles pour que cet événement puisse avoir lieu contre vents et marées. Désormais le principal co-éditeur est le Ministère de la culture russe. Monsieur Konstantin Tcherbakov, ancien Ministre de la culture russe,  qui s’occupe maintenant du volet cinéma, fidèle à ces rencontres du Toursky, présente personnellement dans leur contexte ces pellicules. D’autres réalisateurs ou scénaristes russes ont parlé de leur film aux spectateurs.  Ainsi pour une semaine par ans le théâtre Toursky devient le plus grand cinéma d’essai de France.
Ces rencontres de deux cultures ont pris au fil des années les allures de hautes manifestations culturelles et désormais élevées au rang  d’institution marseillaise. Dommage que les édiles et les politiciens préfèrent d’autres moyens d’expression, croyant à tort que soutenir des productions  terre à terre soit synonyme de populaire.

Les cinq films projetés cette année ont été produits entre 1959 et 1984.
Un film a retenu notre attention tout particulièrement : « 26 jours de la vie de Dostoïevski » et s’il n’est pas un chef d’œuvre c’est au moins un bijou d’un grand orfèvre.  C’est une intrusion, à pas feutrés, ou de voyeurs dans l’intimité créative de l’écrivain dès qu’il commence son roman « Le Joueur » jusqu’à la consigne du manuscrit chez un huissier. Dostoïevski, par contrat doit livrer un nouveau titre à son éditeur pour une certaine date, faute de quoi ce dernier peut exploiter toute la production antérieure de l’écrivain pendant neuf ans sans payer un seul kopeck à l’auteur.   
Dostoïevski presque à bout de forces, bien qu’il n’ait que quarante ans, criblé de dettes et sous surveillance policière  a du mal a se mettre au travail. Les années passées au bagne et diverses missions militaires l’ont fragilisé physiquement et moralement.Anatoli Solonitsyne et Nathalie Vlachenko
Par les prises de vue qu’on pourra qualifier de finesse néoréaliste,  le metteur en scène nous fait presque sentir l’odeur de renfermé à la limite du moisi, qui se dégage de l’appartement de l’écrivain. Le jour de consigne du manuscrit s’approche et des familiers conseillent à  Fiodor, pour qu’il aille plus vite, d’engager une sténographe.  Après les réticences due à cette nouvelle technique, il se laisse convaincre et une jeune fille qui fait partie d’un cercle de jeunes fans de l’écrivain, débarque chez lui, intimidée mais avec la farouche volonté d’y prendre part à cette aventure d’écriture. Au fur et à mesure que les pages blanches se remplissent  elle devient le soutien moral  et la première critique impitoyable. Puis prendra à bras le corps les problèmes de l’écrivain en le défendant auprès des autorités. Le roman va être consigné à temps auprès d’un huissier, car l’éditeur-escroc, s’était absenté de la ville pour quelques temps. Dostoïevski retrouve une certaine sérénité et équilibre et dévoile à Anna Snitkina son amour. Celle-ci,  amoureuse de l’écrivain depuis toujours, devient son épouse et l’encourage à poursuivre l’écriture de « Crime et châtiment ».
Les deux acteurs principaux, Anatoli Solonitsyne et Nathalie Vlachenko, parfaitement intégrés dans la peau des personnages qu’ils jouent, ont reçu le Prix des Meilleurs acteurs au Festival de Berlin en 1981.


« La dame au petit chien » ce fut le deuxième film. Il date de 1959.  Nous ne l’avons pas vu cette fois, mais le souvenir qu’il me reste de la séance des années ’80 à laquelle j’avais assisté ailleurs, est encore vif. Tiré d’une nouvelle de Tchékov, c’est une histoire d’adultère. Au-delà de l’histoire banale on trouve des considérations philosophiques sur certains des problèmes qui rongent l’âme.


« Postface » -1984
Deux acteurs, un appartement. Un lieu clos qui aurait pu et dû être imbuvable. Eh bien, pas du tout ! On entre vite dans l’histoire, celle d’un père qui rend visite à sa fille mariée, mais celle-ci étant partie en voyage professionnel, il se retrouve pendant quelques jours avec son beau-fils qui est en train d’écrire une thèse. Un jeu d’acteurs intéressant et qui vous tient en éveil. Il est normal que pour jouer si finement il fallait des acteurs de taille : Andreï Miagkov et Rotislav Pliatt. Le réalisateur Marlen Khutsiev a su rendre l’ambiance décrite dans la nouvelle de Youri Pakhomov, « Le beau père est arrivé ».


« L’Obier Rouge », oui c’est bien un obier….l’aubier étant une autre espèce végétale….
C’est  le film que j’ai aimé  le moins de  cette série. Produit en 1973, l’histoire se résume à la vie post-carcérale d’un petit voyou qui cherche à revenir à une vie honnête et normale. Il finit par  se faire accepter par la famille paysanne de la marraine-correspondante qu’il avait en prison. Et enfin quand il commence à s’insérer dans la société  et à prendre goût pour une vie tranquille des anciens de sa bande le dénichent et le tuent.
Peut-être qu’il nous manque, pour apprécier ce genre de films, le vécu des quelques générations  post Stalin. Ou tout simplement il est un peu vieillot.


« Le Mariage de Balzaminoff » -1964

Une comédie bien figée dans le temps à l’humour éternel. C’est tiré de la trilogie de Nicolas Ostrowski, figure russe du 19ème, de quarante ans l’aîné de notre Feydeau, et qui prend lui aussi comme cible de ses comédies la société contemporaine.   Une brochette d’acteurs de premier plan fait que ce film soit drôle, drôle et attendrissant.



 


 

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dernière modification Août 2009