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C'ETAIT UNE PHOTO !

Ce n'était pas un poisson d'Avril, ce vernissage qui avait lieu le premier du mois, c'était l''exposition photos de Robert Santero sur les murs du hall d'entrée du Théâtre Toursky. Il semble même que c'est un jour qui porte chance. Dès le premier regard, qui connaît la photo dans tous ses méandres, et Daguerre, Niepce et Nadar seuls savent s'il y en a, en a jugé juste. Rien que par la couleur des œuvres présentées, on respire le collodion, le révélateur, le fixateur aussi bien que tous les autres mélanges d'apprenti sorcier à base de ferroprussiate et composés de bromures de toutes sortes nécessaires aux virages à tout va. En réalité la photo de Robert Santero est un vague souvenir de ce qui est réceptionné sur la parois du fond de la chambre noire. Car ce photographe extrait quelques parcelles seulement du négatif. A partir de ce moment-là, il se double en graphiste, en peintre, en infographe ( quel barbarisme ! ) et transforme la parcelle première en œuvre d'art originale. Assemblées symétriquement ou superposés ou tout simplement inversées, ces morceaux d'images passent à la torture par des procédés chimiques ressuscités ou inventés. Les teintures viennent après, jumelées avec des virages chimiques afin d'arriver à la couleur souhaitée sur les tirages, selon le procédé Colorvir inventé par Pierre Jaffeux. Et pour bien lier l'ancien avec le nouveau, Santero se sert aussi de l 'infographie. La boucle est donc bouclée.
Et la chance dans tout cela ?
Une bonne, très bonne vente dès la première soirée, le 1er avril 2003.
Mais s'agit-il bien de chance ?

Raoul Gortini

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dernière modification Août 2009